‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 256 sur 295 · CIIAP. XXX. — CEREMONIE FUNÈBRE · texte numérisé non relu

CIIAP. XXX. — CEREMONIE FUNÈBRE

brodées en or. Puis, venaient les bourgeois de robe longue et courte, les huissiers des requêtes en robes et chaperons, sans verge, les cent vingt pauvres de la Cour, avec des torches noires aux armes du roi, les huissiers du Parlement en robes violettes et chaperons, verge à la main, le premier huissier en robe rouge et bonnet royal.

Les huissiers précédaient le Parlement en robes rouges, manteaux, mortiers et chaperons, comme à la Saint-Martin. A la suite du Parlement, venaient les trésoriers généraux, les bedeaux de TUniversité avec leur masse, le recteur, Tinquisiteur de la foi, les régents de rUniversité, les officiers de la sénéchaussée et des juridictions delà ville, les avocats, les procureurs, les clercs des greffes et les notaires de la ville.

Le cortège sorti par la grande porte du Palais passa sur la place du Salin et se dirigea vers 1* église Saint- Jacques tendue de noir, Téglise Saint- Etienne étant alors brûlée. L'évêque de Lombez célébra la messe à côté de la chapelle ardente dressée en Thonneur du roi. Vers la fin de la cérémonie, un différend s'éleva entre le chapitre et les capitouJs qui se disputaient le drap de velours noir placé sur la bière. Dans ce désordre, il y eut des coups échangés, mais on s*en remit à la décision du premier président qui apaisa ce tumulte et donna tort, à la fois, au chapitre et aux capitouls. Puis le Parlement se retira.

La noblesse avait demandé à assister à cette cérémo-

' nie des funérailles, en corps , au nombre de cent vingt

gentilshommes, après le drap mortuaire porté par les

capitouls. C'était là ime nouveauté, la noblesse n'ayant

pas encore eu de rang à ces sortes de cérémonies funèbres, mais le Parlement ne voulant pas froisser la noblesse fidèle à la mémoire du roi qu*elle pleurait, consentit à la laisser marcher devant les cent vingt pauvres qui devaient précéder la Cour. Une frivole question de vanité empêcha les gentilshommes de s* accorder entre eux sur la date de leur noblesse et sur le pas et la pré^ séance : ils ne parurent point à ces obsèques royales, non plus que les maîtres des requêtes qui refusèrent de marcher après le doyen ajant le mortier et le manteau des présidents. Les évêques sollicitaient des places parmi les membres du Parlement : il leur fut répondu que leurs vraies places devaient être avec le clergé.

Le vœu de ce roi vaillant et sage n*avait pas été exaucé ; il songeait souvent à visiter le Palais de justice, Tancien Palais de ses ancêtres et il disait, un jour, entre Gabrielle et Sully: c Dieu me fera peut-être la grâce, € en ma vieillesse, de me donner le temps d'aller, « deux ou trois fois par semaine, au Parlement, comme € y allait le bon roi Louis XII, pour travailler à l'abré- € viation des procès. Ce seront là mes dernières prome- « nades. » Dieu ne laissa point vieillir Henri IV et ne lui permit pas de commencer ces promenades espérées et rêvées au lendemain de son avènement à la couronne. La justice dont il eut tant le souci ne doit pas oublier que ce grand roi souhaita, cent ans après Louis XII, d'aller aux audiences voir juger les procès et entendre plaider les avocats. N'avait-on pas amené au Palais le duc de Savoie, pendant une plaidoirie d'Antoine Le Maître, pour lui donner la plus haute idée de l'éloquence •'udiciaire et de l'esprit français ?

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