INTRODUCTION VU
toulat et de TEglise, pareil à ces hautes montagnes des Pyrénées qui ferment l'horizon du côté de l'Espagne, et dont les cimes se dressent au-dessus des courbures de la chaîne. A Toulouse, qui a été surtout une ville se gardant et se défendant par les arrêts de la justice, le Parlement n'était pas seulemant une puissance, comme dans les autres provinces du royaume ; il formait toute une société embrassant des légions de magistrats, d'avocats, de procureurs, de greffiers, d'huissiers, de clercs de la Basoche, d'officiers de robe longue et de robe courte, tout un peuple vaillant et hardi, épris des tumultes de la guerre et des combats de la parole, enorgueilli de la gloire parlementaire et ayant des racines profondes dans les classes diverses de cette grande cité, qu'en France on saluait du nom de Toulouse la savante et la sainte. Au Parlement, cette vraie patrie des hommes de robe, rayonnait un foyer d'intelligence et d'éloquence, éclairant d'une chaude lumière le souvenir de leurs aïeux, le berceau de leurs enfants, les luttes et les espérances de leur vie.
Par un étrange contraste, ces Parlementaires, parfois sortis de la bourgeoisie ou d'une souche populaire, se montraient, dans leurs solennelles audiences et aux jours des fêtes publiques, avec le chaperon à fourrure blanche des chevaliers, la simarre des chanceliers de France, la pourpre et l'hermine des rois et le mortier de saint Louis. Ils rendaient la justice dans les palais de la féodalité et siégeaient sur les fleurs de lys de la couronne.