‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 5 sur 295 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

Dédaigneux des sévères études des légistes, les seigneurs désertèrent^ de bonne heure, les Parlements, tandis que les légistes prenaient les seigneurs en aversion. Ce fut la grande ambition de la noblesse de robe de dominer toujours la noblesse d*épée. Entre elles, il y a guerre ouverte. Les Parlementaires, apportant au Palais leur science, comme une force nouvelle, tiendront bientôt en échec les plus fougueux batailleurs du moyen âge, et ne tarderont pas à dépouiller les nobles du droit d'être jugés par leurs pairs et à les traduire à leur barre. On entendra, un jour, le duc de Rohan dire cette amère et mélancolique parole : € L'intérêt des € longues robes l'emporta par- dessus les pairs du € royaume.» Les présidents à mortier n'allaient-ils pas aussi refuser de céder le pas aux pairs et aux princes?

C'est que l'hérédité des charges constituait aux Parlementaires une noblesse détestée par Tautre, achetée à prix d'argent, mais rehaussée par le savoir, l'austérité des mœurs et l'esprit d'indépendance. Dispensés, selon le mot de Jean de Coras, de mendier leurs charges à la porte des grands, ils ne sentaient pas trembler, en leurs mains, le sceptre et le glaive de leur justice. Devenue une sorte de fief de famille, cette justice des Parlements qui comptait aussi des noms d'une noblesse ancienne, marchait, la tête haute, devant les fiefs des seigneurs : la robe, à son tour, dédaignait l'épée. Pendant que tout s*altère ou se détruit, les grandes compagnies judiciaires ne relèvent que d'elles-mêmes et gardent leurs traditions de travail, de gravité et de fierté. De toutes

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