CHAP. III. — LES ÉTATS DU LANGUEDOC
Le Parlement demandait aussi une augmentation des gages. Le roi éloigna de la Cour les conseillers qui Ta- ▼aient désertée; il se garda bien d*augmenter les gages. La guerre venait d'épuiser ses ressources ; il se vit contraint de demander i,ooo livres à la ville de Toulouse et au Parlement, Targent des consignations déposées au greffe. La Cour ne prit pas ses vacances.
Vers les premières années du seizième siècle, les États du Languedoc prennent leurs règles qui allaient, par une tradition toujours respectée, rester en vigueur jusqu'à la Révolution. L'ordre du clergé y était représenté par les trois archevêques et les vingt évoques de la province ; l'ordre de la noblesse par un comte, un vicomte et vingtun barons, et Tordre du tiers-état par soixant-sept députés pris parmi les premiers magistrats municipaux, les députés des villes importantes et des diocèses. La présidence des Etats fut donnée à l'archevêque de Narbonne , les autres archevêques et évêques se placèrent à sa droite, les archevêques de Toulouse et d' Albi et, suivant l'ancienneté de leur sacre, les évêques de Montpellier, de Carcassonne, de Nîmes, d' Alais, du Puy, d'Uzès, de Béziers, de Mende, de Viviers, de Saint-Pons, de Castres, deLodève, de Mirepoix, d'Agde, d'Alet, deSaint- Papoul, de Rieux, de Lavaur, de Comminges et de Montauban. L'ordre de la noblesse siégeait à gauche, les commissaires du roi, les gouverneurs de la province, le commandant en chef et les lieutenants généraux, le comte d' Alais, le vicomte de Polignac, un des douze barons du Vivarais, un des neuf barons du Gévaudan, les barons de Castelnau, d'Estrefonds, Castres, Rouairoux,
Villeneuve, Castelnau de Bonnefont, GardioUe, Calvis-
gS HISTOIRE DU PARLEMENT DE TOULOUSE
son, Tornac, Mirepoix, Florensac, Barjac, Saint-Félix. Murriel, Bram, Ambres, Lanta, Arques, Rieux et Ganges. Le tiers-état se plaçait en face du président et aux bas sièges du clergé et de la noblesse. Dans le parquet à droite et à gauche du fauteuil du président se tenaient les officiers de la province, les intendants, les greffiers et les trésoriers. Les Etats s'assemblaient tous les ans ; leur session durait trois mois, de novembre à février. Dans l'intervalle des sessions, une commission nommée par les États assurait l'exécution des délibérations approuvées par le roi.
En cette année i5o2, la peste revint et avec elle l'éternelle question de la pragmatique. Vers la même époque, et tandis que l'armée se battait encore en Italie, Ferdinand, roi d'Aragon, rompant le traité contracté avec Louis XI, menaçait d'envahir les frontières du ressort. Le Parlement rentre à Toulouse au mois de décembre. La peste va l'en chasser de nouveau et le faire partir pour Grenade ; il a à peine le temps d'enregistrer, sur les réquisitions de l'avocat général Duprat, les pouvoirs accordés par le pape à un légat envoyé au cardinal d'Amboise, archidiacre de Saint-Etienne, à. la condition que ces pouvoirs ne seraient pas contraires aux lois du royaume et aux libertés de l'église gallicane. Le Parlement, chassé par la peste, erre de ville en ville, à Muret, à Lavaur, à Gaillac et à Grenade-sur-Garonne. La famine marchait à la suite de la peste. Pour sévir contre les manieurs d'argent et les accapareurs de grains, il fallait, à défaut de lois, recourir à la jurisprudence romaine. Grâce à la fermeté du Parlement, la ville et la sénéchaussée de Toulouse échappèrent aux tristesses et
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