‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 45 sur 295 · CUAP. III. — QUERELLES DE PRÉSÉANCES I · texte numérisé non relu

CUAP. III. — QUERELLES DE PRÉSÉANCES I

bard. Les hommes les plus célèbres de Tuniversité et du barreau descendent de leur chaire ou abandonnent la barre pour siéger au Parlement: il faut citer François d'Olive qui échangea sa robe d'avocat contre Thermine de procureur général, et Josse, cet autte avocat devenu conseiller, et que Charles-Quint nommera, en Flandre, président du Conseil deMalines et chancelier d'Espagne. Le nouveau premier président est le premier magistrat toulousain qui ait occupé cette charge contrairement, aux ordonnances royales interdisant aux magistrats d'exercer leurs fonctions dans leurs villes natales. Il monta sur son siège après avoir prêté ce serment conservé dans le procès-verbal d'installation : < La Cour, en délibération, a fait jurer ledit saint

< Pierre sur les quatre évangiles, de dire vérité et Ta

< interrogé s'il avait donné ou promis, fait donner ou « promettre or ni argent, ni autre chose équipollente pour « avoir et obtenir ledit office ; qui a dit que non, et lors, « la Cour lui a fait jurer de bien et loyalement exercer « ledit office de premier président, faire aussi adminis- « trer justice tant aux pauvres qu'aux riches, sans ac- « ception de personnes, se garder de tous dons corrom- « pables, obéir à la Cour et à ses mandements, faire en « outre garder et entretenir les rôles, tant ordinaires « qu'extraordinaires, afin qu'également les audiences « soient distribuées et tous les autres chapitres contenus c ez ordonnances, généralement a juré d'observer. »

On délibère au Parlement sur un grand règlement de l'élection des capitouls resté en vigueur jusqu'à la fin du dix-huitième siècle et on fait défense sous peine de parjure, aux présidents, conseillers, greffiers, avocats et pro-

cureurs du roi de s'immiscer dans ces sortes d'élections. De loin en loin, des querelles s'élèvent sur des questions de préséances. Les greffiers en chef prétendaient avoir le pas sur les gens du roi ; on donna tort aux greffiers qui ne marchèrent qu'après les gens du roi. Ces querelles intérieures n'empêchaient pas le Parlement de grandir et de prendre son air de noblesse. Je laisse parler le père Lombard : c Une manière de penser qui € lui était propre, l'observation constante des mêmes € maximes, la vigueur d'une discipline qui ne pardon- € nait rien, les dehors et l'extérieur de la magistrature € moins indifférents qu'on ne pense répandaient sur les € jugements cette dignité triste et majestueuse qui con- € vient à la justice. Mézerai n'a-t-il pas dit aussi que € les mœurs pures de ces magistrats servaient de lois et « d'exemples; qu'ils s'éloignaient des plaisirs et des « vanités du monde et ne trouvaient leur plaisir et leur « gloire qu'à exercer noblement leurs charges, à se € rendre vénérables par eux-mêmes et en vénération à € tout le monde, n'allant jamais chez le roi que lors- « qu'ils étaient mandés par ses ordres et pour leur € service. Ce ne sera donc pas une exagération de dire, € après Mézerai, que la vengeance de la reine fit sou- € mettre le procès du maréchal de Gié au Parlement de € Toulouse, comme au tribunal du royaume qui passait € pour le plus sévère. >

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