‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 6 sur 295 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

les institutions du royaume, elles sont alors la plus puissante et la plus française ; je ne le dis qu'après M. Rousse, qui en a parlé, un jour, en son langage d'un haut relief. On retrouve en elles la vive empreinte de notre caractère, du sentiment de notre importance, de notre libre parole et de nos généreux emportements.

Au fond, les rois n'aimaient ni la noblesse d'épée ni la noblesse de robe, parce qu'ils n'entendaient se soumettre à aucune supériorité morale ; mais le peuple prit parti pour les Parlements contre la noblesse. Au milieu de ces mêlées d'ambition, de rivalités et de froissements d*une variété infinie, on ne doit pas s'étonner de voir les Parlements se jeter dans les agitations de la politique. A défaut de leur amour de domination, la force des choses et de l'inévitable destinée les y entraînait. Loin d'aller à la politique, la politique allait à eux, montait sur leurs sièges et leur faisait violence. A ces époques confuses et guerrières, la presse n'existant pas, le roi ét€uit loin et l'Etat n'ayant pas de représentation nationale, le Parlement devait veiller au salut de la province et attirer à lui les attributions politiques, sujet de surprise pour nous. L'unique élément de contrôle, de conseil, de limite et d'opposition n'était que dans les Parlements. Les rois ne convoquant plus les Etats généraux, les grandes compagnies judiciaires prirent leur place et furent les soutiens les plus fermes de la royauté et de l'unité françaises. Ne disait-on pas, au dix-septième siècle, que les Parlementaires étaient vraiment les rois de la nation ?

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