‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 56 sur 295 · CHAP. V. — SERMENT IMPOSÉ AUX MAGISTRATS 1 SQ · texte numérisé non relu

CHAP. V. — SERMENT IMPOSÉ AUX MAGISTRATS 1 SQ

nalité des offices. Le conseiller Pierre de Nupces, ayant avoué, sans détour, avoir prêté quatre mille livres au roi et n'osant pas prêter le serment ordinaire, la Cour hésita un moment, à Tinstaller. Le Parlement ne cessait d'ailleurs de proposer au choix du souverain des hommes dignes de remplir ces hautes fonctions de la justice par leurs talents et leurs vertus, Gilbert de Cardaillac, Guiliaume de Durfort, Jean de Mansencal, Etienne de Paulo, Charles d'Estaing, Bussi, sénateur de Milan. La noblesse, on le voit, était loin de déserter la magistrature. Quand un magistrat paraissait indigne d'entrer au Parlement, une députation allait se plaindre au roi, et le Parlement aima mieux, un jour, soutenir un procès qu'ouvrir ses portes à Michel de Pira, pourvu d'une charge de conseiller et soupçonné de concussion et d'hérésie. Le Parlement de Paris évoqua l'affaire et ordonna sa réception ; le Parlement de Toulouse n'en imposa pas. moins à Michel de Pira de quitter sa charge, s*il ne par-r venait à dissiper cette accusation d'hérésie soulevée contre lui par la clameur de la province.

Si le Parlement avait pu regarder par delà les années et lire dans l'avenir, il eût accueilli avec plus d'empressement, en 1 52 1 , un gentilhomme du Rouergue, Bertrand* de Rességuier, doué de toutes les qualités du cœur et del'esprit et qui ne put s'asseoir sur son siège de conseiller, qu'à l'aide de lettres de jussion du roi. Le Parlement de Toulouse était plus attaché que d'autres à ses anciennes traditions ; le temps seul, qui détruit tout,, devait y porter la faux et les renverser. Telle était sa» sévérité dans l'accomplissement de ses devoirs, que les vieux conseillers affaiblis par Tàge ou les souffrances*

n'avaient pas le droit de faire écrire leurs rapports par un secrétaire. Il fallut des lettres du roi pour donner cette autorisation aux conseillers Mathieu Bosquet et Jean de Clausa, vieillis dans les travaux du palais et affaissés sous la vieillesse et les infirmités.

On était alors aux années tourmentées des guerres de Charles -Quint et de François I®' et de l'invasion de la réforme dans le royaume. La ville de Toulouse, qui attirait des étrangers et des savants de tous les pays par la renommée de son université et de son barreau, fut des premières à être envahie par les sectaires. L'inquisition implora la protection du Parlement qui chercha à la contenir dans les limites d'une sage et clémente justice. A cette époque désastreuse, où la France luttait contre les forces de l'empereur, du pape et du roi d'Angleterre, la peste sema de nouveau l'épouvante à Toulouse. Les habitants prirent la fuite ; il n'y eut plus d'audience; on disait la messe, au palais, à six heures du matin; une seule porte du palais resta ouverte et l'entrée n'en fut permise c qu'aux gens paraissant honorables et exempts « d'infection. » Les vacances judiciaires étant proches, le Parlement hâta sa séparation et défendit aux capitouls de quitter la ville, avec ordre d'informer le premier président des événements de cette cité désolée. Les capitouls bravèrent la peste, sans peur et sans reproche. Ils firent sonner toutes les cloches, à certaines heures de la nuit et allumer de grands feux sur les places publiques. Quand la peste eut cessé, ils allèrent chercher le premier président retiré dans sa terre de Montbrun, proche Montgiscard. Il reprit avec eux le chemin de Toulouse. Le Parlement ne rouvrit ses audiences que le lendemain

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