X INTRODUCTION
Du haut de leurs bancs de velours, ils écoutaient toutes les plaintes, protégeaient toutes les faiblesses et châtiaient toutes les iniquités. A leurs pieds, se débattaient, chaque jour, les intérêts de leur société tourmentée et comme les derniers tressaillements des passions des hommes. Sans s' effrayer des menaces de la couronne ou des colères du peuple, et sans s'attrister des revers de fortune, ils bravèrent les émeutes, la prison, l'exil ou la mort, et consacrèrent à*jamais, sous le signe immortel de la main de justice, le droit d'appel confié à leur conscience, inconnu de l'ancien monde et imposé par la conquête. Leur Palais fut à la fois un refuge de résistance et un asile d'altières vertus,
de savoir et de liberté.
Certes, ils auraient mieux travaillé au progrès de la législation, de la philosophie et du droit, en restant dans l'enceinte du Palais ; mais ces serviteurs de la justice croyaient sauvegarder les franchises de leur pays, en opposant à la royauté, non des barricades, ainsi qu'on l'a dit légèrement, mais des barrières à ses volontés et à ses caprices. Si, à des heures douloureuses et dans cette contagion de la politique, ils se laissèrent aveugler par les passions de parti, ce fut la faute de leur temps et des événements, plus que d eux-mêmes. Ces intrépides fondateurs de Tordre civil, en France, associèrent leur existence à tant de choses, qu'il ne faut pas trop leur reprocher d'avoir suivi des routes trompeuses et délaissé le droit chemin.
Ce sera leur éternel honneur d'avoir, à des périodes