CHAP. VII. — CRÉATION DE NOUVELLES CHARGES IQJ
au Parlement de Paris, où Charles IX et Henri III le prirent pour en faire leur ambassadeur au concile de Trente et à Venise. On vit aussi paraître au Parlement, Antoine Lautrec-Saint-Germier, de la maison des comtes de Toulouse.
Le roi voulut créer aussi en 1644 ^^® chambre des requêtes dans tous les parlements de France. Celle de Toulouse eut cinq conseillers lais sous la présidence de Guillaume de Caulet.Les États poursuivront longtemps la suppression de cette chambre qu*ils traitaient de chambre inutile et onéreuse au trésor public. Le roi n'écoûta pas la réclamation des Etats. Les Etats et le Parlement, toujours front à front et prêts à engager la lutte, se donnent la main quand on menace les intérêts de la province. Quand on reprit, vers cette époque, le projet de détacher du ressort les sénéchaussées du Quercy et d'Armagnac pour agrandir le ressort du Parlement de Bordeaux, le Parlement fit des remontrances, le syndic des États du Languedoc se joignit au premier président et à un conseiller député du Parlement et appuya les remontrances. Les deux sénéchaussées restèrent au Parlement de Toulouse.
Le premier président Jean de Mansencal, grand magistrat, adroit aux choses de la politique et cher au roi avait reçu de lui, vers la fin de Tannée 1548, la mission de poser, en son nom, à Toulouse la première pierre du pont sur la Garonne qui servit de modèle au Pont-Royal construit, sur la Seine, pendant le règne de Louis XIV. Depuis les Romains, la ville de Toulouse n'avait pas vu un monument plus beau ; la dernière pierre n'y fut placée qu'en 1628. Ce serait, selon le père Lombard, une
igS HISTOIRE DU PARLEMENT DE TOULOUSE
erreur grossière d'en attribuer le plan à Mansart qui en dirigea peut-ôtre la décoration ; il croit plutôt que ce plan est dû à Nicolas Bachelier et que sa construction, souvent interrompue, fut toujours protégée par des arrêts du Parlement et surveillée par ses commissaires et surtout par le conseiller François de Cambolas. Pour construire ce pont, la ville et le diocèse s'imposèrent pour une somme de 6,700 livres ; les diocèses voisins apportèrent leurs offrandes et le Parlement s'imposa à son tour pour une somme de 1,200 livres que le premier président versa entre les mains des capitouls. Les travaux étaient dirigés par l'architecte Souffiron, aux gages de 1,200 livres.
Le roi, qui aimait le premier président, estimait le Parlement pour la vigueur de ses arrêts et son noble souci de ne laisser entrer dans cette austère et forte compagnie que des hommes mûris par le travail, la piété, l'intelligence et la science des affaires. Il lui soumit la décision d'un procès célèbre : les États du Dauphiné se portèrent, devant le Parlement de Toulouse, accusateurs contre Claude de Bellièvre, premier président du Parlement de Grenoble, père d'un chancelier de France, et grand-père d'un doyen du conseil privé et d'un premier président du Parlement de Paris. Les crimes qui lui étaient reprochés ne sont désignés, dans les registres, que sous les noms vagues d'excès, malversations et forfaits. Mais les termes des pouvoirs donnés par les États du Dauphiné à leur syndic ont une amertume singulière. Le Parlement de Toulouse renvoya de la poursuite le premier président de Grenoble, par un arrêt dont le roi s'était réservé la communication avant qu'il ne fût pro-
■li