INTRODUCTION XI
de crise nationale, défendu la fortune de la couronne, avec plus de courage et de constance, que la couronne elle-mêtne, et soutenu le peuple dans ses afflictions et ses détresses. Aucun Parlement, plus que celui de Toulouse, n*eut le souci des déshérités de la fortune et n*aida, de plus d'énergie, la monarchie à affermir la paix du royaume : il eut toujours la haine de l'arbitraire et condamna partout les violences, qu'elles éclatassent au Louvre, dans les châteaux ou dans la rue. Obéissant aux inspirations d'un sentiment patriotique, il était, de même que les autres Parlements, organisé pour tout entreprendre et tout oser dans l'intérêt de TEtat. Ils n'en ont pas moins été, les uns et les autres, attaqués à outrance par les frondeurs de tous les régimes et par les âmes révolutionnaires qui poussaient au renversement de ces justiciers redoutables.
Ceux qui les ont injustement accusés d'avoir entravé le pouvoir royal n'ont pas assez lu dans leur conscience; leur popularité a subi, selon les inclinaisons de soleil, des disgrâces croissantes ou décroissantes, jusqu'à leur dernier jour. C'est le sort des puissances d'être combattues : je n'ai jamais pensé que le Parlement de Toulouse ait été sans reproches et je sais qu'il a, parfois, oublié cette maxime de La Rocheflavin où se reflète l'image idéale du parfait magistrat, éloigné des rumeurs du monde ; c II faut que les magistrats ressem-
< blent à l'olive qui déteste et l'ombre et l'odeur et
< le voisinage de la vigne. » Mais ■ quelle institu-