‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 72 sur 295 · CHAP. VIII. — LE CHATEAU-NARBONNAIS 2O · texte numérisé non relu

CHAP. VIII. — LE CHATEAU-NARBONNAIS 2O

à Louis Bachelier, c maîtres des œuvres du roi en la sénéchaussée de Toulouse », le soin de vérifier et d'approuver les travaux d'art exécutés au « palais royal toulousain ».

Deux ans après, le Parlement voulut élever autour du palais un mur d'enceinte pour lui servir de rempart con. tre les séditions et les guerres religieuses. Le peuple qui crut voir, dans cette muraille, une menace contre les libertés de la ville, la renversa. Elle ne se releva que lentement, pour former l'enceinte du palais. D'année en année, les restes du Château-Narbonnais tombent sous la main du temps ou des hommes ; le palais de justice et la conciergerie s'étendent vers l'ancien palais des comtes envahi aussi par la cour du sénéchal, la viguerie, le juge d'appeaux et le juge ordinaire qui n'en furent éloignés qu'au seizième siècle.

Avec le temps, l'enceinte du palais s'étendit à son tour et s'entoura de murs qui lui donnaient l'air menaçant d'une citadelle. On entrait dans cet enclos du palais par trois grandes portes et une petite. Une d'elles, en forme d'arc de triomphe, flanquée de colonnes doriques, bâtie sous le premier président de Verdun, faisait saillie sur la rue des Fleurs. Parla plus grande porte, du côté du nord, on pénétrait dans la cour du palais, ombragée de l'ormeau terrible où le Parlement faisait pendre les coupeurs de bourse arrêtés dans les salles d'audience, aux greffes, à la buvette, aux chambres des procureurs et des huissiers. A gauche, s'élevait un large perron de pierre où six procureurs pouvaient marcher de front, ouvert des deux côtés, orné de quatre colonnes corinthiennes et surmonté d'un pavillon couvert en ardoises, tranché en deux ar-

ceaux élégants, arrondis au sommet comme un dôme et couronnés par un vase de plomb où s*épanouissaient des fleurs et des feuillages de marbre. C'était le perron de la grand'chambre.

Entre ce perron et la grand'chambre, était un porche où s'assemblaient les avocats, les procureurs et les parties, en attendant l'heure de l'audience de sept heures, réservée aux affaires courantes plaidées par les jeunes avocats, les avocats de sept heures. Ils n'avaient pas d'autre salle des Pas-Perdus. Au plafond du porche, une lampe de cuivre, allumée pendant les mois d'hiver, éclairait les parlementaires se rendant au palais avant le jour. De là, on entrait au vestibule étroit et obscur de la grand'chambre, par une porte plus petite que celle du perron. Au-dessus de la porte, on avait gravé dans la pierre et en lettres gothiques cette inscription qui rappelait l'époque de' sa construction et qu'on peut voir encore sous les clottres du Musée de Toulouse :

« Régnant le roi de grand renom, « Charles huitième de ce nom, « Ce lieu fut fait et mis à fin^ (t Lors fut né le noble Dauphin, c( Veille saint Denis glorieux, « Mil quatre cent nonante deux » .

Mais ce n'est pas en 1492 que le Parlement rendit la justice à la grand'chambre ; les arrêts ne portent la mention de la grand'chambre qu'en i5i3.

De ce vestibule, on montait par une haute marche à cette grand'chambre. Au fond de la salle et au levant,

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