‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 75 sur 295 · CHAP. VIII. — LE CHATEAU-NARBONNAIS 2I · texte numérisé non relu

CHAP. VIII. — LE CHATEAU-NARBONNAIS 2I

« être écoutées et le palais de justice va se rajeunir. » Mais, au loin, s'avançait la sombre et tumultueuse armée des démolisseurs. Déjà, la Révolution se levait et allait rayer le Parlement du livre de vie.

Le vieux palais de justice est à jamais tombé. On a raconté que le dernier premier président du Parlement, Emmanuel de Cambon, proscrit sous la Terreur, se cachant de ville en ville et endormi un soir dans les bois, avait vu en songe les pierres du vieux palais se relever de terre et le Parlement triomphant rentrer en robes rouges à la grand' chambre. S'il revenait à la vie, il ne reconnaîtrait plus Tancien palais. Sur ses ruines, s'est élevé le palais de la Cour de Toulouse, sans art et sans grandeur, qui a arraché ce cri de colère à M. de Montalembert : c Cela peut être tout ce qu'on veut, caserne, € hôpital, prison ; cela ressemble à tout et ne ressemble € à rien ». Il n'est resté des débris du Parlement que la grand'chambre restaurée sans le souci des traditions du passé, la chambre dorée descendue d'un étage et remaniée, le fauteuil royal et le plafond des travaux d'Hercule passé de la troisième chambre des enquêtes à la chambre d'accusation. Le rêve du premier président de Cambon est à jamais évanoui.

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