‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 78 sur 295 · CHAP. IX. — LA CHAMBRE DOREB · texte numérisé non relu

CHAP. IX. — LA CHAMBRE DOREB

pour prendre leurs sièges à l'audience, l'autre qui ne fut construite que pour placer les dames pendant le lit de justice tenu par Charles IX, et qui servit ensuite de passage pour aller de la grand'chambre à la chambre dorée.

De la chambre du conseil, La Rocheflavin n'a dit qu'un mot en passant : « A Toulouse, outre la grande € salle de l'audience, nous avons une petite chambre du « conseil où messieurs de la grand'chambre tiennent le « bureau durant l'hiver, depuis la Saint-Martin jusqu'à € Pâques, laquelle, parce qu'elle est aussi dorée au pla- € fond, on l'appelle la Chambre dorée. »

Cette chambre dorée, édifiée et ornée par ordre de Charles VIII, restaurée par < le maître maçon » Louis Bachelier, en i56i, fut agrandie par le premier président de Berthier, qui en a dit ce mot : « Elle vous retient « au passage pour être admirée. » Il faut s'arrêter devant elle comme le premier président de Berthier et la regarder. Elle est encore toute dorée comme au temps de La Rocheflavin, et ses poutres entre-croisées, scellées de mascarons et parsemées de fleurs de lys d'or et d'ormeaux aux branches touffues, sur fond d'azur, forment neuf caissons qui encadrent neuf grandes statues allégoriques sculptées en relief : la Religion, la Justice, la Force, la Foi, la Gloire, la Renommée, la Charité, la Vérité et l'Abondance.

La Religion, la tête enveloppée d'un long voile, tient à la main un triangle aux rayons étincelants, image de la Sainte-Trinité, devant laquelle quatre anges aux ailes repliées dans les coins du caisson courbent le front et élèvent en l'air une croix. La Justice, debout dans les

nuées, couronnée et armée d'une épée nue, montre sa balance redoutée aux quatre anges des coins qui portent des faisceaux. La Force, coiffée du casque et laissant tomber à ses pieds le bouclier et la massue, terrasse un lion dont elle déchire violemment la gueule ensanglantée, pendant que les quatre anges de son caisson soutiennent avec peine leur lourde massue.

La Foi, couronnée de roses, les yeux au ciel, la main gauche sur le cœur tient à sa droite une ancre de fer qu'aux quatre coins les anges contemplent, les mains jointes. La Gloire se lève fière et triomphante sur un trophée d'armes et de drapeaux, une branche de laurier à la main et sourit aux quatre anges qui lui offrent de loin leur branche de laurier et leur écharpe flottante. La Renommée vole dans les airs rapide et radieuse tenant aux mains des clairons d'où pendent des draperies brodées et ornées d'une balance et d'un livre d'on Les quatre anges qui la regardent s'appr<}tent à annoncer au bruit de leurs clairons le passage de la déesse retentissante.

Plus douce et plus touchante est la Charité qui tient sur ses genoux un enfant qu'elle allaite, tandis qu'elle enveloppe d'un pan de sa robe et qu'elle attire à elle trois autres petits enfants, blonds et souriants comme les quatre anges des coins qui apportent à la Charité leurs guirlandes de fruits et de fleurs. La Vérité a les mains étendues ; de la droite, elle élève un flambeau qui semble éblouir des serpents enroulés aux bras de quatre anges et de la gauche un miroir où se reflète sa figure pure et sévère. L'Abondance laissant flotter son écharpe dans les nuages, verse de son aiguière d'or une liqueur

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