XII INTRODUCTION
tion, en notre nation toujours troublée, pourrait jeter aux autres la première pierre ?
Le Parlement de Toulouse peut, sans craindre les sévérités de notre siècle, se relever de terre et se mettre en pleine lumière, dans cette vieille province du Languedoc qui se glorifiait et se couronnait de ses arrêts. Les autres Parlements et le premier de tous, celui de Paris, ne lui rendaient-ils pas, au rapport de du Vair, ce magnifique hommage, qu^il représentait un sénat plein d'intégrité, de désintéressement et de superbes aspirations ?
A la différence du Parlement de Paris qui dût. en grande partie, son illustration aux événements de la politique, celui de Toulouse arriva à la conquête de la politique et delà renommée, parla vigueur. et la scienc de ses arrêts, qu'il prononça de loin en loin, au milieu de la foudre et des éclairs, en des journées orageuses qui resteront comme l'âge héroïque de son histoire. Au travers d'une société en fermentation et en désordre, il conserva comme une religion, ses règles d'honneur et de droiture d'âme. S'il y eut des taches à quelques robes rouges, c'est que, malgré leur éclat, elles n'en appartenaient pas moins à la fragile humanité. On ne doit pas juger une compagnie judiciaire au bruit que font quelques chutes retentissantes. Quand on dégage de cette histoire les services rendus à notre pays par le Parlement de Toulouse, on ne peut s'étonner du long et profond respect dont il était environné.
En essayant de renouer la chaîne des temps, j'ai