‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 80 sur 295 · CHAP. IX. — LES AUDIENCES ROYALES · texte numérisé non relu

CHAP. IX. — LES AUDIENCES ROYALES

nom. Les parlementaires de Paris et de Toulouse portaient seuls le mortier sur la tête ; dans les autres Parlements, ils ne le portaient qu'à la main, sans jamais s'en couvrir. Les présidents aux enquêtes et aux requêtes ne se couvraient, de même que les conseillers et les gens du roi, que du bonnet noir bas et carré, à noupette, à bords saillants et se repliant sur lui-même, pareil à celui des cardinaux du seizième et du dix-septième siècle. Dans les autres Parlements, ce bonnet noir était haut et rond. Autrefois, le chaperon se portait derrière la tête et pendait des deux côtés ; en se relevant, il servait de bonnet; mais il était gênant, et on le plaça sur l'épaule gauche. Le premier président avait à son mortier de velours, trois galons d'or et son manteau d'écarlate était doublé d'hermine blanche rayée ou mouchetée.

C'était le vêtement des anciens rois donné par eux aux chefs des grandes compagnies judiciaires, comme pour leur donner leur autorité souveraine en leur conférant le pouvoir d'enseigner et de juger les peuples. La Rocheflavin Ta dit ainsi : < Il n'est permis aux magistrats de France fors qu'aux seuls Parlements de porter robe d'écarlate ou de pourpre, étant certain que ce soient les vraies couleurs et habits des rois. » Il a ajouté que le sieur de la Terrasse, maître des requêtes, président au présidial, étant un jour sorti en robe rouge, le Parlement lui expédia deux huissiers qui l'obligèrent à s'en dépouiller.

Aux sacres des rois, les pairs de France portaient les mêmes manteaux que les présidents à mortier ; ces manteaux ne différaient que par la couleur qui était de violet cramoisi au lieu de rouge écarlate. Le manteau des pré-

23o HISTOIRE DU PARLEMENT DE TOULOUSE

sidents, fourré de menu vair, tombant des épaules et traînant à terre, s'ouvrait du côté droit et de ce côté pendaient les hermines, attachées avec trois agrafes ou trois rubans d*or ; du côté gauche, le manteau se relevait sur Tépaule laissant paraître la fourrure et passer les bras. Le greffier en chef de la Cour se distinguait des autres greffiers par un manteau singulier, appelé épitoge, et semblable à un rochet d'évêque retroussé, fourré de menu vair, comme les manteaux des présidents ; il se mettait par-dessus la robe rouge, pareille à celle des officiers du Parlement et ornée, autour du cou, du chaperon d'écarlate fourré de menu vair.

Le premier président en robe rouge et mortier partait de son hôtel, précédé de la maréchaussée et suivi de carosses, occupés par des conseillers ou officiers des sénéchaussées, entrait au parquet de Taudience et passait ensuite dans la chambre des manteaux où il prenait le manteau royal et attendait Theure de la messe. On sait d'ailleurs que les premiers présidents ne quittaient guère leur costume, même dans leur maison. Leur robe ou simarre était séparée du manteau, la robe ayant les manches étroites, les manches du manteau larges et relevées. Au seizième siècle, la fraise à gros tuyaux qui donnait une certaine grâce à la robe, à collet relevé et droit de cette époque, fut abandonnée au dix- septième siècle pour le col de batiste, raide et rabattu, que le rabat détrôna à son tour, large sous Louis XIII à la mode des mousquetaires, et se terminant par deux glands, à gros plis flottants et ornés de dentelles sous Louis XIV, carré, sous Louis XV, de linon bleu, puis noir, carré, partagé en deux parties égales et bordé d*un liséré blanc.

Page 1