CHAP. IX. — PERSONNAGES INVITÉS AUX AUDIENCES
maîtres des eaux et forêts, les itiaîtres des ports, ponts, chemins et passages, les officiers de la traite foraine, le viguier de la ville en robe courte et toque de velours, les lieuten€uits du viguier en robe, bonnet et chaperon fourré, et quatre capitouls en manteau comtal recouvrant une robe mi-partie de noir et d'écarlate doublée de satin blanc, avec manchettes et rabat de dentelles, le chaperon à lames d'or et fourrure d'hermine sur Tépaule, la toque à plumes blanches sur la tête, costume des plus grandes solennités.
A la barre se pressaient en foule les avocats en robe de laine noire à larges manches, manteau agrafé sur l'épaule droite et ouvert de ce côté, et en chaperon fourré et bonnet carré ; les procureurs en robe longue pareille à celle des avocats, bonnets et chaperon à bourrelets. Quelques avocats, les anciens du barreau, portaient des robes de drap à parements de satin, velours ou soie, et les avocats consultants ayant dix ans de tableau un manteau écarlate, tandis qu'après dix ans les avocats plaidants ne portaient qu'un manteau violet. Le manteau blanc donné, pendant quelques années, aux jeunes avocats écoutants fut remplacé par le chaperon.
C'est Jean de Coras qui a dit que rien n'égalait en grandeur le spectacle des parlementaires entrante l'audience, au nombre de cent seize en ce temps-là, au milieu de la foule des seigneurs, des prélats, des gens de justice, des capitouls, des gardes de la prévôté, et que cette entrée donnait une sorte de tremblement. Le premier président allait s'asseoir auprès du trône royal, à un degré plus bas et dans l'angle gauche; à sa droite et au banc des conseillers lais prenaient place les princes.
ducs et pairs, et les gouverneurs ou lieutenants généraux de la province, les princes du sang ayant un carreau de velours sur leurs sièges et un autre sous les pieds, avec un drap de velours fleurdelysé.
Les prélats venaient ensuite, suivant Téminence de leurs dignités sans être précédés de la croix, parce qu'elle est le signe de leur juridiction épiscopale qui cesse à la porte de Taudience ; les conseillers d'honneur qui, en 1790, étaient l'archevêque de Toulouse, l'évêque de Mirepoix et l'abbé de Saint-Sernin ; les archevêques avant les évêques et les maîtres des requêtes après les évêques et avant le doyen des conseillers du Parlement. Les conseillers des autres Parlements se mêlaient aux conseillers lais sur le même banc. A gauche du premier président, au banc des conseillers clercs, se plaçaient les présidents à mortier, dont le nombre alla jusqu'à neuf, les conseillers clercs et les conseillers des enquêtes. Ceux qui ne pouvaient trouver place sur ces bancs s'asseyaient aux sièges inférieurs devant le parquet, sur des bancs mobiles. Au dix-septième siècle, deux chevaliers d'honneur nommés par Louis XIV dans toutes les compagnies françaises de la province pour resserrer, selon les termes de l'édit, les liens qui auraient dû toujours exister entre la noblesse de robe et la noblesse d'épée, eurent leur siège à la droite des présidents à mortier, l'épée au côté, en habit de velours noir, veste d'or et chapeau à plumes blanches. Les anciens conseillers ayant obtenu le titre de conseillers honoraires reprenaient leurs places avec les chambres auxquelles ils avaient appartenu, à la suite pourtant des conseillers titulaires.
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