‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 87 sur 295 · CHAP. IX. — OUVERTURE DES AUDIENCES · texte numérisé non relu

CHAP. IX. — OUVERTURE DES AUDIENCES

dix-septième siècle ; à partir de cette époque, l'ouverture des audiences se fit le lendemain de l'ouverture du Parlement, « à cause de la prompte délivrance des pau- € vres parties de ce grand ressort et du soulagement des € sujets du roi. > L'édit de Blois, dans son article i36, défendait de payer les gages, pour tout le mois de novembre, aux membres du Parlement et greffiers absents le lendemain de la Saint-Martin. On distribuait ces gages aux malheureux prisonniers.

Le jour de l'ouverture des audiences, les membres de la grand'chambre, par un règlement de i53i, prenaient leurs robes rouges et leurs chaperons fourrés, mais au lieu de mettre les chaperons autour du cou, comme à l'ouverture du Parlement le lendemain de la Saint- Martin, ils le portaient sur l'épaule gauche. Le premier huissier avait la robe rouge et le bonnet royal et les autres la robe de pourpre violette. Les membres des autres chambres n'avaient pas droit de séance à ces audiences ; on n'y voyait d'autres magistrats que le jugemage et le substitut du procureur du roi de la sénéchaussée.

Dès que la grand' chambre avait fait son entrée, les huissiers ouvraient les portes et lisaient le rôle des procès. Le greffier se levait ensuite et donnait publiquement lecture des ordonnances, afin de rappeler ainsi leurs serments aux magistrats, aux avocats et aux procureurs et d'apprendre au peuple la gravité et la sainteté de la justice. En signe de fête, l'audience se levait aussitôt, sans harangue du premier président ou des gens du roi.

Au quinzième siècle, vers les premières années qui suivirent l'établissement du Parlement sédentaire à Tou-

louse, il y eut des audiences solennelles d'ouverture à Pâques, comme à la Saint-Martin, mais à cause de la chaleur, les présidents quittaient leurs lourds manteaux et le mortier ; ils ne paraissaient qu'en robe rouge et chaperon et en bonhet carré noir, sans mortier. Cette coutume se perdit au seizième siècle : les audiences d'ouverture ne se firent plus qu'à la rentrée de la Saint- Maftin.

A ces époques reculées, il y eut aussi des audiences solennelles destinées à la prononciation des arrêts généraux : l'a vaut- veille de la fête de Noël, le mardi saint, Tavant-veille du vendredi avant la fête de la Pentecôte, et les veilles des fêtes de Notre-Dame d'août et de Sainte- Croix de septembre. 11 en fut de cette coutume comme de l'audience d'ouverture de Pâques ; elle s'effaça, d'année en année, sans pourtant avoir jamais été entièrement abrogée. A la mort de Henri II, le Parlement ajourna, en signe de deuil, des arrêts généraux qu*on regardait comme une des fêtes de la justice. De loin en loin, aux heures de trêve, quand les guerres civiles s'apaisaient et que les parlementaires envoyés en mission hors de France ou dans les villes du ressort rentraient au Parlement, ces belles cérémonies renaissaient et ramenaient de magnifiques audiences.

Le Parlement les réservait aux grandes questions de Droit qui tenaient en éveil le sentiment populaire et les plus savants esprits. Il rendait alors les arrêts en robe rouge, portes ouvertes, avec un éclat et une solennité qui ont fait dire à un chroniqueur qu'on reconnaissait bien que ces séances représentaient vraiment la majesté des princes et des rois. La veille, on ne tenait pas au-

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