CHAP. IX. — ÉCLAT DES AUDIENCES
dience au Parlement pour donner aux arrêts généraux, « la marque publique de la vénération de cet acte si « célèbre. > Plus tard, le nombre des procès augmentant, il y eut audience la veille et le jour même de la prononciation de ces sortes d'arrêts.
Aux époques voisines de l'institution du Parlement, ces décisions étaient nombreuses et les registres en sont couverts. Le greffier Lacombe en espérait le retour et s'écriait: « La longueur d*un fâcheux hiverne fait que « nous rendre la beauté du printemps plus agréable : « aussi devons-nous espérer que Dieu se laissant tou- « cher aux prières de toute la chrétienté, fera que la « justice reprendra son lustre et son autorité pour bril- « 1er mieux que jamais. > Il ne paraît pas que ce vœu ait été exaucé.
A ces journées des arrêts généraux, le palais se couvrait de fleurs et de feuillages et s'ouvrait aux grands dignitaires de la ville, comme aux jours de l'ouverture de la Saint-Martin. On condamnait à l'amende ceux qui n'obéissaient pas à cette invitation du Parlement faite, la veille, parles huissiers. C'est ainsi que les capitouls se virent un jour condamnés à 200 livres d'amende à appliquer à la réparation de Téglise Saint-Etienne dévastée par un incendie.
Les arrêts généraux qui n'étaient rendus que par une chambre recevaient l'approbation du Parlement tout entier en assemblée générale, et c'était pour témoigner de cette commune opinion de toutes les chambres qu'on prenait, dans chacune d'elles, quelques conseillers en robe rouge et chaperon sur l'épaule, pour remplir les hauts sièges. Ce jour-là, si un président plus ancien que
celui qui devait rendre Tarrôt assistait à l'audience, il lui cédait le pas et lui laissait l'honneur de prononcer Tarrêt, en manteau et avec lé mortier, avant les fêtes de Pâques, et en robe rouge seulement et chaperon, à la saison d'été. Le président recevait, pour la prononciation de chacun de ces arrôts, une somme de 25 écus à prendre sur les recettes des amendes.
Lorsque ces arrêts se rendaient la veille de Notre- Dame d'août, époque de la clôture des audiences publiques, le président, l'arrêt prononcé, se levait, prenait l'avis des conseillers et déclarait que la Cour mettait fin au Parlement pour les audiences civiles, sauf à pourvoir aux mesures à prendre pour l'expédition des affaires criminelles. « Après quoi, dit le greffier Lacombe, € on commandait aux huissiers de battre et chacun se € retirait content. >