‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 89 sur 295 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Audiences de la grand'chambre. — Mort des parlementaires. — Morl des avocats. — Assemblées des chambres. — Vacances aux jours de fêtes. — La vie des parlementaires en vacances. — Heures des audiences. — Ironie du greffier Lacombe. — Les présidents de la grand'chambre. — Prérogatives du premier président. — Magistrats de la grand'chambre. — Serment des parlementaires. — Travaux du premier président. — Son entrée au palais. — Entrée du ParJement à Taudience de la grand'chambre. — Les plaideurs à genoux. — Vêtements des plaideurs, des procureurs, des avocats, des praticiens, des écoliers et des prêtres- — Les gentilshommes, les princes, les gouverneurs, les ducs et pairs, les hommes d'église. — L'audience, — Affaires réservées à la grand'chambre.

Sous le règne de Charles VII, en Tannée 1444, les audiences de la grand'chambre avaient été fixées aux lundi, mardi et jeudi de chaque semaine. Mais les plaideurs se pressant toujours plus nombreux aux portes du palais, les rois de France, jaloux de voir la justice promptement rendue à leurs sujets, accueillirent leurs plaintes et établirent les Grands- Jours, afin qu'une partie des Parlements se transportât dans les villes et sénéchaussées des provinces, pour y juger les procès en souffrance. Les Grands- Jours devenus insuffisants, François P^ par son édit de i5o5, imposa aux Parlements deux nouvelles audiences, les deux audiences de relevée du mardi et du vendredi, depuis le mois de décembre jusqu'au dernier jour du moi de mai. Au Parle-

ment de Toulouse, ces audiences, dites des pauvres» parce qu'on n'y jugeait que des affaires sommaires et de petite importance, furent supprimées en i554, au moment de l'institution des sièges présidiaux. Elles ne devaient être rétablies, par suite de la peste, des guerres et des agitations de la province du Languedoc, qu'en Tannée i663.

Il arrivait souvent que des fêtes religieuses empêchaient le Parlement de tenir ses audiences à ces trois jours de la semaine : à la Chandeleur, les jours de l'Annonciation, de Saint-Marc, de Saint-Sernin, de Saint- Thomas d'Aquin, de Saint-Jean, de Saint-Etienne, de Saint-Barthélémy, de Saint-Michel, des Sain:s-Innocents, de Saint-Denis, de Saint-Roch, de la Translation de la Croix, de Saint-Nicolas et de Sainte-Catherine. J'en passe bien d'autres rapportés par Cayron, mais je ne puis oublier la fête des Fleurs de Clémence Isaure. A ces jours de fêtes, la Cour n'entrait au palais que pour entendre la messe solennelle. On fêtait aussi le jour de Saint-Yves, parce que les avocats célébraient cette fête en grande pompe ; pourtant la Cour jugeait au bureau les affaires urgentes. Le jour de Saint-Joseph, le Parlement assistait à une procession et à une messe dans l'église Saint-Sernin, en accomplissement d'un ancien vœu fait pendant une peste ; mais cette audience n'était pas perdue, le Parlement la tenait un autre jour. Aux solennités de la Fête-Dieu, de l'Assomption et de l'anniversaire de la délivrance de Toulouse en 1662, le Parlement assistait aux processions en robe rouge. A la Pentecôte, il ne suivait la procession. des châsses de Saint-Sernin qu'en robe noire.

Page 1