‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 92 sur 295 · CHAP. X. — LES PRÉSIDENTS DE LA GRAND*CHAMBRB · texte numérisé non relu

CHAP. X. — LES PRÉSIDENTS DE LA GRAND*CHAMBRB

lysé. Les présidents à mortier remplaçant le premier président laissaient leur robe rouge à la chambre des manteaux, à Tentrée et à la sortie de l'audience ; ils ne sortaient de leurs maisons, en robe rouge, qu'au jour d'ouverture du Parlement. Si tous les présidents en étaient empêchés, la présidence revenait au doyen des conseillers lais de la grand'chambre, qui voulut, une seule fois, prendre la robe rouge et le manteau des présidents avec le mortier ; un arrêt du conseil de 1699 lui défendit de présider autrement qu'en robe noire, à hui s clos et de sa place.

Le garde des sceaux de la chancellerie eut, de son côté> la prétention de toujours siéger à la grand'chambre; mais on protesta. Il eut beau renouveler ses tentatives : le Parlement l'envoya tantôt à la grand'chambre et tantôt à la Tournelle, quelquefois même à la chambre de redit, pendant les guerres de religion.

Les conseillers n'arrivaient à la grand'chambre qu'à leur rang et quand ils devenaient les plus anciens de leurs chambres. Les chambres des enquêtes, par lesquelles il fallait passer, étaient la forte école de la magistrature. A la grand'chambre, le nombre des conseillers égalait celui des deux chambres des enquêtes, parce qu'elle jugeait souvent, en appel, certaines décisions émanées des enquêtes ou des requêtes et qu'elle fournissait, chaque année, à la Toumelle, la moitié de ses conseillers. Au dix-huitième siècle, la grand'chambre avait le premier président, quatre présidents à mortier, deux conseillers clercs, et trente conseillers lais, dont douze se détachaient de la grand'chambre pour siéger à la Tournelle, ce qui les réduisait' à vingt. Aux audiences so-

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lennelles, elle pouvait en rassembler cinquante. De même que dans les divers Parlements de France, les parlementaires de Toulouse prenaient le titre de conseillers d'État, à l'imitation du Parlement de Paris et du grand conseil qui retenaient justement ce titre, parce que le roi parlait en leurs arrêts. La noblesse fut encore un privilège de ces grandes compagnies ; mais elles le perdirent sous Louis XIV qui voulait abaisser leurs pouvoirs. Par une concession des papes, Texcommunication ne pouvait les atteindre, comme représentant la personne du roi dans le gouvernement de la justice.

A leur réception, les parlementaires prêtaient deux serments : l'un religieux, avant l'examen qu'ils devaient subir, et l'autre civil. Ils juraient, au premier serment, à genoux et découverts, entre les mains du premier président et sur l'image du Christ, l'observation des articles de foi catholique, à peine de déchéance de leur office. Dans le second serment et après leur examen, ils juraient de porter honneur et révérence aux chefs de la compagnie, d'obéir aux arrêts et commandements de la Cour et d'observer les ordonnances. Ce serment prêté, le parlementaire allait s'asseoir à la place que le premier président lui assignait. Les gens du roi ne s'asseyaient jamais aux sièges de la Cour, mais au € bas, dit La « Rocheflavin, comme j'ai observé aux réceptions des « sieurs de Caumels, de Beloy, de Ciron, avocats gé- « néraux, de Caminade et de Saint-Félix, procureurs € généraux. »

La veille des audiences, ou le matin des jours d'audience, les premiers présidents recevaient des procureurs ou des parties les cartels ou placets des affaires

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