CHAPITRE XX
Pamphlets. — Le duc retire à Moniblanc. — Dernière rigueur. — Manœuvres du premier président. — Fermeté des parlementaires. — Ressentiments des femmes des parlementaires. — Le premier président et le procureur général mandés à Montblanc. — Propositions du duc rejetces. — Les Parlements du royaume. — Levée des arrêts. — Audience de rentrée. — Le doyen de Bojat. — Le Parlement et le premier président. — Injonctions du duc au premier président. — Annulation des actes du duc. — Enregistrement d'un édit. — Discussion d'une mercuriale. — Admonestation au premier président. — Arrêt de prise de corps contre le duc. — Lettre du roi. — Réponse du Parlement. — Agitation dans les Parlements du royaume. — Arrêt de Toulouse cassé par le Parlement de Paris, comme Cour des pairs. — Nouvel arrêt du Parlement de Toulouse contre Fitz-James. — Remontrances. — Arrêt en réponse à l'arrêt de Paris. — Départ et disgrâce du duc. — Députation du Parlement au roi. — Monsieur et madame de Bastard à Versailles. — Retour des députés du Parlement. — Arrêt contre les actes du gouverneur. — Reprise des audiences. — Les grains et les impôts. — Décisions contre le premier président. — Indignation du roi. — Mercuriales et arrêts cassés. — Tiéve. — Nouvel arrêt du Parlement contre le premier président. — Nouvelle députation au roi. — Lettre du roi. — Le roi et le premier président. — Concessions du Parlement. — Démission du premier président. — Jugement sur M. de Bastard. — Son frère doyen de la Cour.
A Paris, ces agitations de Toulouse échaufifaient les têtes du Parlement : les pamphlets couraient les rues et entraient au Louvre ; on chantait aussi à Toulouse des chansons satiriques, dont les refrains troublaient le sommeil du duc et de la duchesse et, à la mort d'un
parlementaire, on répandit, en ville, une lettre, pleine de sarcasmes, dans laquelle la famille du mourant demandait à Fitz-James, avec une ironie lugubre, la permission de le laisser partir.
De Toulouse où les chansons et les pamphlets suivaient leur train, le duc alla encore chercher un asile au château de Montblanc, en établissant à sa place, ainsi que dans une ville conquise, le lieutenant colonel du Royal- Vaisseau, en qualité de lieutenant du roi. A Montblanc, s'étant souvenu de quelques parlementaires oubliés par lui, au moment de la mise aux arrêts de la Cour, il leur envoya la maréchaussée et leur fit signer, à main armée, la promesse de ne plus sortir. Il se crut tout permis, s'arrogea le pouvoir d'enlever aux capitouls la police de la ville, et au Parlement le droit de commander le guet, pour l'exécution des ordres de la Cour.
Les parlementaires se vengeaient, en contestant au duc son autorité, et en l'appelant dédaigneusement, le porteur d'ordres. Dans une lettre au contrôleur général, M. de Bastard engageait le gouvernement à proroger la chambre des vacations, avec le premier président pour la diriger, à casser ensuite le Parlement, sauf à séparer les fidèles et les sages gagnés par la contagion, des insoumis et des dangereux, à reprendre les bons et à rejeter les mauvais. Il soumettait au contrôleur général tout un projet de réforme, avec les noms de ceux qu'il fallait conserver ou bannir, et lui recommandait le secret, la promptitude, et surtout la vigueur. En parlant de MM. de Pegueyrolles, d'Aguin, d'Aspe et de Bojat, il s'exprimait en ces termes : c Ces quatre