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CH. XX. — LE PARLEMENT ET LE PREMIER PRESIDENT

Et il se retira. La délibération reprise, on décida qu'il serait passé outre au jugement de la mercuriale et on s'ajourna à l'après-midi.

A cette audience de l'après-midi, ouverte par le premier président, ce dernier se borna à demander communication de l'arrêt prescrivant la mercuriale : tous s'écrièrent qu'il n'était pas en droit de former cette demande et que la mercuriale serait poursuivie. Vainement, le premier président essaya, par ses protestations, de remettre la Cour dans des voies plus modérées: sans avoir égard à ses réclamations, elle décida qu'il se bornerait à écouter, sans pouvoir les interrompre, les interpellations adressées à chacun de messieurs par le président de Niquet, et les révélations de chacun d'eux; qu'il serait ensuite le maître d'y répondre et que s'il refusait de se justider, il serait jugé par défaut. On se sépara jusqu'au lendemain.

C'était violer les ordonnances des rois, entre autres, celles de i535,qui interdisaient aux Parlements démettre en mercuriale les chefs de ces grandes compagnies. Mais pour affirmer leur indépendance, les parlementaires se mirent toujours au-dessus de ces ordonnances et s'emparèrent de ce droit de mercuriale, constamment suspendu, comme une épée menaçante, sur la tête de leurs chefs. A Toulouse, on procédait sommairement aux mercuriales, et sans instruction préalable ; chaque parlementaire interrogé, en assemblée générale, était tenu, sous la foi du serment, de déclarer ce qu'il savait sur les magistrats soumis à cette sévère information.

Le 7 décembre, le Parlement s'assemble et le premier président esta son siège. Dans la nuit, le duc pressentant

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que la mercuriale allait entraîner la résurrection des arrêts biffés par lui, avait écrit au président de Niquet, pour lui interdire, de la part du roi, de concourir à la mesure prise contre le premier président, et le sommer de lui rendre compte des délibérations de la Cour. Ce fut par la lecture de cette lettre que s'ouvrit l'audience : par acclamation, il fut résolu que le président de Niquet ne devait ni répondre au duc, ni lui obéir. Puis, on commença la procédure de la mercuriale.

A bout de ressources pour calmer cette effervescence, le premier président invoqua son droit de récusation envers plusieurs membres de la Cour, dont les emportements de langage trahissaient des sentiments d*hostilité et de haine. On rejeta ses récusations, et la mercuriale fut renvoyée au g décembre. Ce jour-là, le premier président ne parut pas à l'audience et se contenta de protester par son silence. En Fabsence du président de Niquet, la présidence revint au président d'Aspe, le plus ancien des présidents à mortier, le plus doux et le plus timide de tous, affaibli par Tâge et inhabile à dominer une assemblée. Fitz-James ne s'était pas trompé dans ses prévisions : on abandonna la mercuriale, pour s'occuper d'abord des moyens de faire revivre les arrêts de prorogation et de défense. Séance tenante et sur le rapport du conseiller de Bojat, arrêt fut rendu, par lequel le Parlement « déclarant nulles, violentes, atten- « tatoires à l'autorité du seigneur roi, destructives du « respect dû à sa justice souveraine et violant le dépôt c sacré des registres de la Cour >, les mesures prises par le duc de Fitz-James ordonnait le rétablissement, sur ces registres, des arrêts biffés par le commandant

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