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CHAPITRE XXV

Avènement du chancelier Maupeou. — Trois États en France. — Les Parlements et la royauté. — Ligue parlementaire. — Louis XV et Madame de Pompadour. — Les provinces. — Les lettres et la politique. — Accent révolutionnaire des remontrances. — Le chancelier Maupeou. — Procès du duc d'Aiguillon. — Coup d'État résolu.

— Harangue de Louis XV. — Belles remontrances du Parlement de Paris. — Réponse du roi. — Lit de justice. — Coup d'État. — Exil des parlementaires de Paris. — Conflit du Parlement de Toulouse avec les États du Languedoc. — Le premier président de Niquet. — Explosion de colère à la nouvelle du lit de justice. — Lettre du Parlement de Toulouse au roi. — Remontrances. — Arrêt de résistance à la volonté du roi. — Opposition de la sénéchaussée à Tarrèt du Parlement. — Mercuriale du Parlement. — L*arrèt de Toulouse cassé à Paris et brûlé. — Ressentiments et Pamphlets. — Voltaire. — Le style de Maupeou comparé à celui de Corneille et de Racine. — Théorie du comte de Lauraguais. — Legazetier cul« rassé. — Le mandement des œufs rouges. — Citation de Fénelon, de Bossuet, de Massillon. — Talleyrand-Périgord commandant en Languedoc. — L'intendant de Saint-Priest. — Protestation du Parlement contre les menaces de suppression. — Convocation des parlementaires par le comte de Périgord. — Protestation du Parlement.

— Lecture de lettres patentes. — Discours de Périgord et de Saint- Priest. — Lecture de deux édits de suppression du Parlement et de reconstitution d'un nouveau Parlement. — Enregistrement des Édits. ~ Sortie des Parlementaires. — Leur exil. — Le nouveau Parlement.

— Résistance du conseiller Lenormand d'Aisenne.

Le temps a marché : le ministère Choiseul est tombé ; l'avènement du chancelier Maupeou et de l'abbé Terray vont ramener les tempêtes. L'histoire du royaume n'est

alors que l'histoire des Parlements. Le long silence gardé par eux sous le règne de Louis XIV est rompu depuis la régence, et les trois grandes corporations du royaume, noblesse, clergé et Parlements se retrouvent en présence, plus remuantes, plus jalouses et plus ar^ dentés que jamais. Montesquieu Ta dit ainsi : € Il y avait < alors trois sortes d'états en France, l'église, l'épée et c la robe, et chacun a un mépris souverain pour les deux « autres. » Au travers des bruits de cette société agitée et des plaintes du peuple, on entend la voix retentissante des Parlements, que d*Aguesseau appelait le dernier cri de la liberté mourante.

On Ta déjà vu, dans le cours de cette histoire, quand les édits blessaient les intérêts ou froissaient les consciences, les Parlements vengeurs des griefs de la nation heurtaient de front l'autorité de la Couronne et refusaient d'enregistrer ses volontés. Devant les remontrances, la royauté, souvent impuissante sévit, ou cède, sans autre règle que le caprice de la fortune ou le sort du combat ; mais les victoires autant que les défaites étaient désastreuses, et ce n'est pas sans danger qu'on donne aux oppositions et aux résistances l'occasion de s'enhardir et de s'exalter. Dans cette levée de boucliers il y a, à la fois, des troupes rangées en bataille, et des troupes légères prêtes aux coups de main et aux escarmouches. La raison et la passion s'allument et se lèvent ensemble.

Afin de rendre la résistance plus énergique, les Parlements cherchent à se former en un corps assez fort par son union, pour jouer en face du pouvoir royal le

rôle d'Etats généraux permanents. Une ligue se fait entre

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