‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 14 sur 182 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Procès de Vanini

Tout est contraste dans la vie humaine. Après les ballets d*une magnificence merveilleuse en Thonneur de la duchesse de Montmorency, les courses à la quintaine dont les prix consistaient en trois bouquets de diamants, et les courses de bague dont le Mercure français a raconté les prouesses, s'éleva sur la place du Salin le bûcher de Lucilio Vanini.

Les idées de modération et de tolérance ne se sont pas acclimatées, en un jour, dans notre pays ; il leur a fallu le travail et les luttes de six siècles. De même que les grandes conquêtes de ce monde, elles ont eu besoin de sang humain pour être fondées. Après les cruelles victoires de Simon de Montfort qui tranchait les libres croyances de son épçe, l'Inquisition envoya à la mort les hérétiques albigeois, et plus tard, aux périodes des persécutions religieuses, le Parlement condamna au gibet ou au bûcher les hommes séduits par les libertés de la Réforme. Le treizième siècle avait laissé à Toulouse une si profonde empreinte et si fortement endurci le sol, que les généreuses inspirations de la tolérance n'y pénétraient que lentement et n'y traçaient que de rares et pénibles sillons.

Au sortir des guerres de religion, il y eut partout une audacieuse licence d'impiétés et de blasphèmes. A la mort de Montaigne, la philosophie s'éveille en France,

au cri poussé par les philosophes étrangers et surtout par les italiens Jérôme Cardan et Jordano Bruno ; mais les esprits railleurs et légers se contentaient de rire et d'étaler leur incrédulité et leur indifférence, sans prendre part aux discussions théologiques. Un poète huguenot, l'aventurier Montchrétien, s'en affligeait, en disant que l'athéisme ne murmurait plus entre les dents, mais ouvrait la bouche, parlait haut et clair et proférait d'exécrables sarcasmes contre Dieu. On se permettait tout, parce qu'on avait manié l'escopette et le mousquet pour la bonne cause. Des légions frondeuses se montraient dans les salons et les ruelles, sur les places et aux carrefours et les beaux et curieux esprits, ces libres penseurs de la fin du seizième siècle et du commencement du dix-septième, se répandaient en hérésies, rompaient avec le moyen âge et tenaient à honneur de se dégager de tout frein.

Tandis qu'à Paris, l'ami de Descartes, le minime Marsenne, appelé par un apologiste de Vanini, père minime et très minime, dénonce les blasphémateurs du fond de son couvent de l'Annonciade, le Parlement de Toulouse, afin de fermer cette plaie et de contenir ce débordement impur, organisait, aux premières années du dix-septième siècle, la confrérie du Saint-Nom de Jésus, instituée par le pape Paul V et dont la surintendance fut donnée à un président à mortier.

On s'étonne de voir Vanini chercher un asile dans une ville redoutée des impies, auprès d'un Parlement renommé dans l'Europe entière, pour ses inexorables rigueurs en manière d'hérésie. Il était né à Taurozano, petite ville de la terre d'Otrante, au roj'aume de Na-

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pies, à la fin de rannée i585 ou au commencement de Tannée i586. Son père était intendant de don Fr€uiçois de Castro, duc de Taurozano, vice-roi de Naples. Par sa mère Béatrix Lopez de Noguera, il descendait d*une noble maison espagnole, ayant ainsi dans ses veines, la chaleur du sang et les ardeurs de vanité de ces deux climats d*Espagne et d'Italie. En venant au monde, il eut, selon qu'il Ta dit lui même, saint François pour patron devant Dieu ; mais il ne tardera pas à échanger ce nom contre celui de Lucilio que prenaient souvent les chrétiens des premiers siècles, pour indiquer qu*ils étaient lucis filii, fils de lumière. II a ajouté qu'il était gentil d'aspect, d'une figure agréable, de formes élégantes et d'une çanté frêle.

A Rome, où son père l'envoya aux écoles de philosophie et de théologie, Vanini suivit les leçons du carme averroïste Jean Bacon et du carme Barthélémy Argotti, surnommé par lui le phénix des prédicateurs de son temps. De Rome, il va, de ville en ville, écoutant les maîtres célèbres de toutes les universités, étudiant l'alchimie, la métaphysique, la médecine, l'astronomie, le Droit canon et le Droit civil, les belles-lettres, les sciences naturelles et les arts, riant des schismes de l'Eglise, cherchant l'occasion de se rencontrer avec des athées, afin de se donner la joie secrète de mal réfuter leurs blasphèmes, engageant partout des disputes philosophiques, avec une fougue que rien ne refroidissait, ni les rigueurs de rhiver, ni la faim, ni les longues veilles, ni les sinistres présages du bûcher de Jordano Bruno et du cachot de Campanella. € Tout est chaud, disait-il, pour ceux < qui aiment. N'avons-nous pas rompu les plus grands

€ froids de Thiver, à Padoue, avec un simple petit habit, « uniquement animé du désir d'apprendre ? » Païen en théologie et en philosophie, comme on était alors païen dans Tart et dans la poésie, il se raillait, un jour, de saint Thomas d'Aquin et des scholastiques et se prenait, le lendemain, à vanter les miracles du docteur angélique. Il portait, en tout lieu, cet esprit d* aventures et d*humeur paradoxale des écoliers de la Renaissance, à une époque glorieuse pour la pensée, mais inclémente aux novateurs. II se moquait gaiement de Tétat du ciel au moment de sa naissance et souriait, aux années de la première jeunesse, où tout est sourire, d*être né sous le signe de Mars, qui, selon l'astrologie, le vouait à une mort terrible.

Il se comparaît, au contraire, à un arbre poussé dans un sol pierreux, mais dont les rameaux grêles se couvraient de fleurs pâles, prêtes à briller de couleurs plus vives aux rayons du soleil. Sa passion pour l'étude et les voyages lui fit affronter bien des dangers qui plaisaient à son âme ; il alla à Naples, à Bologne, à Florence, en Allemagne, en Brabant, en Hollande, à Strasbourg, à Bayonne, en Espagne d*où il s'échappa, poursuivi par le Saint-Office, à Lyon d*où il fut chassé pour son libertinage, et â Grenève d'où il partit en hâte, débattant ses controverses par les villes.ét les royaumes, guerroyant contre les beaux esprits, les anabaptistes, les calvinistes et les athées et poussant des pointes vers les doctrines de Corneille Agrippa, d'Aristote c le dictateur de la sagesse humaine >, de Cardan, d'Albert le Grand, de Pomponace, c son divin maître >, d'Averroës, d'Hippocrate, de Galien et de Fras-

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cator. C'est à Naples qu'il paraît avoir formé le dessein de parsemer son athéisme dans le monde avec douze de ses disciples, ainsi qu'il le dira, au rapport du père Marsenne, en plein Parlement de Toulouse, au moment de son procèâ.

En route, il écrit une apologie de la loi de Moïse et de la loi du Christ et Tapologie du concile de Trente. Il n'est pas seul et, pour compagnon de voyage, il a pris un enfant qui le suit de ville en ville, à la campagne et aux bords de la mer. Quel était cet enfant, portant le petit collet des mignons, et de quelle nature pouvaient être ses services envers ce philosophe errant et enclin aux choses impures ? N*a-t-il été qu'un serviteur ; étaitil plus qu'un compagnon de route? On peut tout croire, eir songeant aux mœurs corrompues de la société de ce temps. Vanini n'a-t-il pas aussi laissé entendre qu'à Venise, il prit la fuite et jeta le froc aux lagunes après avoir, dans un duel et au fond d'un lieu de débauche, tué un mignon d'un coup de poignard?

A Londres, où il dogmatisait dans les rues, en 1 614, ses hardiesses de langage lui valurent la prison; il y sollicitait, c'est lui qui l'a dit avec audace, dans son Amphith^tre^ la couronne du martyre. Il repassa la mer et c'est à Lyon qu'il publia ce fameux Amphithéâtre, nom pompeux qui allait bien à son imagination vaniteuse : Amphitheatrum œternœ providentiœ, divinomagicumy christianophysicum, astrologico-catholicum, adversus veteres philosophost atheos, epicureos, peripaieticos, et alios, œuvre nébuleuse et diffuse, dédiée au duc de Taurozano, approuvée par les docteurs de Lyon et enfermant le germe des doctrines qui l'enverront au bûcher.

Ce qui est pour nous un sujet d'étonnement, c'est de voir Vanini, dans ce confus plaidoyer en cinquante points, tendant à démontrer l'existence de la Providence, n'appuyer sa thèse que d'arguments spécieux et d'une faiblesse dérisoire. On dirait que ce lutteur s'efforce de découvrir à l'ennemi les défauts de l'armure, ne porte des coups que d'une main tremblarjte et ne cherche que la défaite, dans un tourbillon de nuées et de ténèbres. Il semble n'affirmer sa foi en l'Église, que pour mieux voiler sa trahison. Le père Garasse l'a dit à sa manière : € Pour Lucilio Vanini, il était Napolitain, homme de € néant, qui avait rôdé toute l'Italie, en chercheur de € repues franches, et une partie de la France, en qualité € de pédant. Ce méchant bélître, étant venu en Gas- € cogne, faisait état d'y semer avantageusement son € ivraie et faire riche moisson d'impiété, cuidant avoir € trouvé des esprits susceptibles de ses propositions. € Il se glissait dans les noblesses effrontément, pour en < piquer l'escarcelle, aussi franchement que s'il eût été € domestique et apprivoisé de tout temps à l'humeur du € pays ; mais il rencontra des esprits plus forts et réso- € lus à la défense de la vérité qu'il ne s'était imaginé. >

Il y a pourtant dans V Amphilhéâlre cette belle invocation à la Providence : « O Dieu bon, je t'en sup- € plie, jette sur moi un regard, joins-moi à toi par un

€ nœud de diamant ; ton seul et unique but est de faire € des heureux. Quiconque se réunit à toi s'élève; uni à € toi seul, il embrasse tout, à toi qui t'épanches sur « tout et à qui rien ne manque. Jamais tu n'aban- « donnes un être qui a besoin de toi ; de ton propre « mouvement tu donnes tout à toutes choses ; à l'uni-

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« vers tu subordonnes tout et toi-même. Tu es la force « de ceux qui travaillent, le port ouvert aux naufragés, « la source éternelle qui répand la fraîcheur dans les « eaux. Repos suprême, paix et calme de nos cœurs, € tu es la mesure et le mode des choses, Tespèce et la € forme que nous aimons. C'est toi qui es la règle, le « poids, le nombre, la beauté ; loi qui es Tordre, Thon- « neur et l'amour en toutes choses, le salut et la vie, € le nectar et la volonté divine. Source de la sagesse € profonde, lumière véritable, loi vénérable, tu es Tespé- « rance infaillible, Téternelle raison, la voie et la vérité. « Gloire, splendeur, lumière désirable, lumière invîo- « lable et suprême, tu es la perfection des perfections ; € quoi encore, le plus grand, le meilleur, Tun, le même. » De Lyon, il passa à Gênes et puis en Guyenne où il parait être entré dans les ordres, puisqu'il s'est vanté de son éloquence dans la chaire et de ses sermons, c'est lui qui parle, ne ressemblant en rien aux prédications monacales, hérissées de phœbus, et brodées de continuels miracles, mais étant des discours élaborés, pleins de suc et nourris de la substance de la vérité. Cette partie de sa vie est restée dans une obscurité mystérieuse. Le père Marsenne a prétendu qu'on Tavait chassé du couvent, pour avoir aimé contre nature ; on n'a rien de précis sur ce point. L'arrêt du Parlement n'a pas mentionné cette qualité de prêtre : on ne sait qu'une chose, c'est qu'en quittant la Guyenne, il fut attaché, à Paris, à la maison de Tabbé de Rhedon, évêque de Marseille ; plus tard, à celle de nonce Roberto Ubaldini, auprès duquel il reprit l'apologie du concile de Trente, et enfin, à titre d'aumônier, à la maison du maréchal de Bas-

sompierre qui n'était guère chargé de religion, selon le mot du père Marsenne, et qui se plaisait au commerce des mignons, plus qu'aux entretiens des aumôniers.

Pendant qu'il est chez Bassompierre, où il prend le titre de docteur inutroque jure, Vanini écrit des dialogues sur la nature qu'il intitule : De admirandis naturœ, reginœ, deœ quœ mortalium, arcanis. Il dédia ce livre au maréchal qu'il appelle, en jouant sur les mots, la base de l'Église de Pierre, et en ajoutant orgueilleusement à son nom de Lucilio, celui de Jules-César. Parmi les soixante dialogues de cette œuvre bizarre, on rencontre ces titres singuliers : la matière du ciel, la figure et le mouvement du ciel, sa couleur, sa forme, son centre, son pôle, son éternité, la lime, les astres, le feu, l'arc-en-ciel et les comètes, la foudre, la neige, la pluie, le jet des bombardes et des balistes, l'air agité et corrompu. Pour Vanini, le ciel et les astres sont de même matière que nous-mêmes, en ayant la forme ronde. € Si je n'avais été élevé dans les € écoles chrétiennes, disait-il, je dirais que le ciel est un € animal qui se meut par sa propre forme c'est-à-dire € par son âme. > On le mit alors au rang de Platon, d'Aristote et des plus fameux philosophes de la Grèce et de Rome : on disait aussi de lui, qu'à l'aide de ces soixante dialogues sur les secrets de la nature, il frayait des voies nouvelles à l'esprit humain et le détournait des disputes vieillies de la Sorbonne et des arguties des scholastiques. On le louait en vers grecs et latins, on le surnommait le prince des philosophes. Le père Garasse a plus tard flétri ce livre, en le qualifiant d'introduction à la vie indévote et de bréviaire des libertins.

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Il semblait que ces joies de rintelligence auraient dû le retenir dans la maison de Bassompierre « ce grand < soleil de la cour, serviteur de la reine et ami des ministres >. Au Louvre, on voyait, chaque jour, Vanini entouré de la foule des seigneurs et des grandes dames qu'il charmait par ses propos aimables et savants. Les jeunes courtisans, quelques médecins et des poètes de bas étage se délectaient à ses récits brillants. Il devint un homme à la mode, en faveur auprès du nonce et du chancelier et se hasarda, môme, à prêcher au quartier de la place Royale, dans Téglise Saint-Paul, fréquentée par les gens de la cour, où des docteurs de Sorbonne outrés de ses sermons hérétiques lui firent interdire la chaire. La Sorbonne s'aperçut alors qu'elle avait approuvé, à la légère, les Dialogues sur les secrets de la Nature, sans y découvrir les impiétés de Vanini. Si, dans V Amphithéâtre, au travers de bien des nouvautés, il avait soutenu la foi catholique, il se jouait, en pleine hérésie, dans les Dialogues. De l'argumentation habile et subtile s'échappaient, à flots, des railleries sur les dogmes catholiques et des anathèmes voilés et prompts à ébranler les âmes chancelantes. Parfois, la trame se déchirait et laissait voir, au grand jour, un étonnant mélange d'impiété et de science et des traits adroits et vigoureux qui atteignaient du même coup tous les cultes religieux. C'étaient presque les théories sceptiques des philosophes de V Encyclopédie et le premier éclat de rire de Voltaire. La Sorbonne condamna au feu ce livre plein de contradictions où le philosophe italien se vantait d'avoir beaucoup menti.

Ce décret de la Sorbonne, pour parler comme le père

Marsenne, donna des ailes à Vanini, € ce César et ce patriarche des athées. > Effrayés de ces accusations d'hérésie, les seigneurs de la cour, les dames et les chercheurs de scandale s*éIoignèrent de lui; il traversa la France et s'arrêta un moment à Condom, où il n'échappa au gibet que par la fuite, au lendemain d'un crime de violences contre une jeune fille. Il arriva à Toulouse dans l'été de 1617, cachant son nom sous celui de Pompeïo ou Pomponio Uciglio.

A cette année 1617, le père Coton, ancien confesseur de Henri IV et confesseur de Louis XIII, prêchait le Carême à Toulouse, à l'église Saint-Sernin, et le vicaire général Jean de Rudelle administrait le diocèse, en l'absence de l'archevêque, le cardinal de la Valette, qui ne voulait pas quitter la cour du Louvre. Dans son Histoire de France, le président de Gramond a raconté/ et beaucoup d'autres après lui, que Vanini vécut dans une obscure hôtellerie d'un faubourg et qu'il finit, grâce à son génie d'intrigue, par s'introduire dans la maison du premier président, pour enseigner à ses enfants les lettres latines et la philosophie. Leibnitz, dans ses Essais de Théodicée, est allé jusqu'à prétendre que le procureur général de Saint-Félix n*excita les esprits contre Vanini et ne poussa le procès à toute rigueur, qu'en haine du premier président. On a raconté aussi que Vanini logea chez un jeune conseiller qui vantait partout son immense savoir.

Le père Lombard s*élève contre ces assertions qu'il traite d'inventions fabuleuses. On ne s'explique guère l'erreur échappée à l'exactitude ordinaire du président de Gramond. Ce n'est pas aux enfants de Le Masuyer,

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alors premier président du Parlement, que Vanini pouvait enseigner la philosophie et les lettres latines ; ces enfants avaient à peine deux ans, puisque Le Masujer ne s'était marié avec Françoise de Clary, la seule femme qu*il ait jamais eue, qu'à la fin de Tannée i6i5.

Un ingénieux écrivain, dans son Histoire critique de la vie de Vanini *, a pensé, et je le crois, avec raison, qu'il y a là une confusion et comme un nuage facile a dissiper. Quand le président de Gramond et Leibnitz écrivaient sur Vanini, Le Masuyer était mort et le premier président de Bertier l'avait remplacé sur son siège. En parlant du premier président, ils entendaient parler de Jean de Bertier, omettant de préciser, qu'au moment de l'arrivée de Vanini à Toulouse, celui qu'on appelait Pompeïo Uciglio trouva un accueil hospitalier dans la maison du président à mortier de Bertier, qui devint ensuite premier président. Jean de Bertier avait d'ailleurs, à ces années, des fils en âge d'apprendre la philosophie, et dans ses Histoires tragiques, Rosset a ajouté ce détail important, que Pompeïo Uciglio passa toute une saison, avec les jeunes gens confiés à sa garde, dans une belle maison des champs, proche de Toulouse, ombragée de grands arbres et arrosée de fraîches fontaines. N'est-ce pas le château de Montrabe, chanté par Goudouli, qui appartenait depuis des siècles à la famille de Bertier? On croit aussi que le gouverneur Adrien de Montluc, comte de Caraman, aimant l'esprit, le bruit et l'astrologie, confia à Vanini l'éducation de ses neveux.

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