‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 15 sur 182 · I. Baudouin, Reuue philosophique · texte numérisé non relu

I. Baudouin, Reuue philosophique

La présence de Vanini à Toulouse est révélée pour la première fois en 1618 ; mais il n'y passa guère qu'un an, exerçant la médecine, recherchant surtout la société des écoliers de l'Université et discutant, avec son ardeur italienne, toutes les curieuses thèses de la scolastique de son temps. Avec ses déclamations vaniteuses, il parlait sans cesse de ses traités d'astronomie, de magie où il soutenait que les bâtards devaient avoir plus de beauté et d'esprit que les enfants légitimes, d'histoire, de physique, de théologie et de mépris de la gloire, qui n'étaient, au fond, que ses dissertations soutenues aux Universités de France, d'Allemagne ou d'Italie. Toutes ces choses ont sombré avec lui. Il ne sortit pas toujours de ces disputes à son avantage, s'il faut en croire les annales de l'Hôtel de Ville, qui affirment qu'il fut convaincu d'être vraiment ignorant parmi les doctes en toutes sciences. De leur côté, au travers des artifices de son langage, les théologiens découvrirent l'athéisme qui se cachait sous les replis de la pensée ; le père Coton voulut voir de près ce philosophe italien et s'entretenir avec lui. Sa surprise égala son indignation.

A étudier Vanini dans son caractère vaniteux et léger, iJ est permis de croire qu'il se laissa aller devant le père Coton, à la fougue et aux divagations de son langage. Ne s'était-il pas écrié insolemment, dans son Amphilhéâlre : c J'ai écrit bien des choses que je ne crois pas:

« Ainsi va le monde Quanta l'immortalité de l'âme,

€ j'ai fait vœu de ne pas traiter cette question, avant « d'être vieux, riche et Allemand. » Ne mettait-il pas aussi dans la bouche de son interlocuteur, Alexandre, dans les Dialogues sur les secrels de la Nature^ ce mot au-

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