‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 144 sur 182 · CH. XXVI. — RÉCLAMATIONS DU NOUVEAU PARLEMENT · texte numérisé non relu

CH. XXVI. — RÉCLAMATIONS DU NOUVEAU PARLEMENT

Madame du Dénié, femme d'un conseiller, chez lequel on avait mis garnison, alla se plaindre à M. de Périgord qui lui répondit que son mari n'avait qu'à se soumettre. Elle lui répliqua que si son mari se soumettait, elle vengerait sur lui son honneur et sa patrie. Et elle tira de sa robe un poignard, en s'écriant qu'elle égorgerait, même ses enfanta, s'ils manquaient à l'honneur. Ne pouvant la calmer, Périgord l'exila.

Les procès à juger sont rares à ce Parlement : il ne fait plus de remontrances et se contente d'adresser au chancelier des mémoires contre le conseil supérieur de Nîmes» qui empiétait sur les attributions du Parlement et amoindrissait son ressort. Le roi n'écouta pas ces réclamations f et signa un nouvel édit portant création d'une chancellerie à Nîmes. Attristés de l'exil des anciens parlementaires, les membres du Parlement-Maupeou s'efforcent de fléchir le chancelier et de faire revenir les exilés. Maupeou leur répondait sèchement, le lo décembre 1772: € Messieurs, j'ai rendu compte au roi de votre demande « en faveur des anciens membres du Parlement, que € Sa Majesté a jugé à propos d'éloigner de la ville de « Toulouse. Elle n'a point désapprouvé vos démarches « et vos sollicitations; mais, en rendant justice aux mo- € tifs qui vous animent, elle m'a chargé de vous man-

< der que ceux qui l'ont déterminé à agir, comme elle l'a « fait, subsistent encore dans toute leur force ; que le « bien de son service exige qu'elle maintienne l'exécu- € tion des ordres qu'elle a donnés, et que toute tentative « de votre part, à ce sujet, seroit absolument infruc- « tueuse: de nouvelles démarches ne pourroient même

< que déplaire à Sa Majesté »

6l8 HISTOIRE DU PARLEMENT DE TOULOUSE

A propos d'édits bursaux que le Parlement proposait au roi de retirer, le chancelier écrivait encore : « La Cour « de Toulouse rend hommage à la sagesse des vues de Sa « Majesté et à sa bonté paternelle ; cependant sans lui « indiquer d'autres moyens que ceux de réconomie, « moyens dont le roi veut toujours faire usage^ mais ia> < puissans s ils étoient seuls... Que le Parlemetit imite le « zèle et la conduite des Etats du Languedoc... Sa « Majesté attend une prompte obéissance. »

Et le Parlemnt obéissait. Il enregistrait un édit de novembre 1771, qui renversait l'organisation libérale des communes, édictée en 1764 et 1766 et rétablissait les offices municipaux. Cest ainsi que le chancelier et Tabbé Terray battaient monnaie pour payer les pensions des anciens parlementaires et pourvoir aux besoins de l'Etat et aux ruineuses dépenses du roi. Peu à peu, les procès revenaient aux audiences; les anciens magistrats consentaient à se démettre de leurs charges et à faire liquider leurs pensions. On estimait à 120,000 livres une office de président à mortier autant qu'une charge de premier président ; quelquefois, ce chiffre descendit à 110,000 et à 108,000 livres; on alloua 32,000 et 23,000 mille livres aux présidents des enquêtes: les offices des conseillers variaient de 63, 000 à 5o, 40 et 14,000 livres ; ceux des avocats généraux étedent assimilés aux charges des présidents à mortier, et les substituts recevaient une indemnité de 14 à 22,000 livres. A Paris et dans les provinces, la justice reprenait son cours : le chancelier se vantait d'avoir retiré la Couronne du greffe.

Le 20 janvier 1772, le Parlement autorise les jésuites

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