‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 151 sur 182 · CHAP. XXVI. — RETOUR DES PARLEMENTS · texte numérisé non relu

CHAP. XXVI. — RETOUR DES PARLEMENTS

signa redit du retour du Parlement de Paris. Le rétablissement des Parlements de province allait suivre de près ce premier édit. A Toulouse, on sollicitait le retour des exilés : en attendant, siégeait une commission intermédiaire, chargée de juger les procès, afin de ne pas interrompre le cours de la justice.

Au mois de novembre de cette année 1774, le roi permit aux exilés de Toulouse de revenir de leurs terres ; deux mois après, le premier président de Niquet était mandé à Paris, et le dernier jour de février 1 775, le comte de Périgord et l'intendant Saint-Priest recevaient Tor* dre de procéder à la réinstallation de l'ancien Parlement. Cette séance fut fixée au 14 mars. Ce Parlement- Maupeou de Toulouse avait duré trois ans et six mois.

Plus de cent ans ont passé sur ces luttes parlementaires et le temps est venu de les juger. On ne peut bien juger les hommes que lorsque leurs cendres sont refroidies : tant qu'il reste d'eux une partie vivante, il n'est guère possible d'en parler avec impartialité. Qui peut se flatter de ne pas se tromper en parlant des vivants, quand on ne juge pas toujours sainement les sociétés éteintes ? On peut aujourd'hui se dégager des rumeurs flottantes de ces époques évanouies et, regarder de haut cette mêlée d'hommes et de choses d'un autre siècle. A travers les récits passionnés qui ont obscurci la mémoire du chancelier Maupeou, il a été longtemps difficile d'entrevoir la vérité. La postérité elle-même ne lui a pas toujours rendu justice; elle honore trop souvent le succès et la fortune, en dédaignemt les existences auxquelles a manqué cette consécration souveraine.

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Si la connaissance dupasse défend de voir, en lui, une des gloires de la monarchie, sa part est assez grande et assez digne d'envie. Au moment où Louis XV lui confia les sceaux du royaume, les Parlements, dépassant les limites de leur institution, pour s'emparer du pouvoir politique et se mettre au-dessus du pouvoir royal, s'agitaient autour du trône qui avait été, pendant un espace de dix siècles, la religion de la France. Les compagnies judiciaires marchaient d'entraînements en entraînements et s'avançaient vers tous les périls d'une sédition. Devenues agressives et usurpatrices contre la Couronne affaiblie, attirant à elles la plénitude de la vie politique, sans bien connaître la juste portée de leurs actes, elles servaient de chaîne aux Etats généraux, et aux nouvelles réformes qui allaient renverser les Parlements et la royauté. Au milieu de ces contradictions et de ces insoumissions, elles se laissèrent prendre au prestige d'une popularité passagère et emporter hors des voies de leurs charges.

Le chancelier Maupeou voulut soumettre à la royauté ces rivalités menaçantes et ces oppositions tracassières. Il employa tout ce que la force et la souplesse pouvaient lui donner d'autorité, pour intéresser son siècle à l'exécution de son plan : dans l'accomplissement de son dessein, il eut un cœur d'airain. Son génie pratique n omit rien ; il alla de l'idée à l'action, ne se laissant détourner du but ni par les obstacles ni par les injures. Audacieux et sceptique, il marcha droit où le conduisit sa volonté : il avait senti que le moment était venu d'afifranchir la Couronne des liens qu'elle s'était imposés. Depuis Richelieu, la noblesse était réduite,

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