CHAP. XXVII. — LES PAMPHLETS
« Le célébrant : Pourquoi, ô mon Dieu, m'avez-vous
< rejeté loin de vous I
« Le répondant : Sonde ton cœur et vois si tu ne Tas « pas mérité.
« Le célébrant : La vérité luit enfin à mes yeux; je
< suis accablé de douleur et de honte ; je sens que je « dois être en exécration à mes frères, mais, ô mon « Dieu ! j*implore votre misécorde.
« Le répondant : Dieu est juste, mais il est clément. > Le Confiteor s'exprimait ainsi : « Je me confesse à
< Dieu, à la nation, au roi et à tous les gens de bien,
< parce que j'ai grandement péché par paroles, actions, « commissions et omissions, par l'oubli que j'ai fait de 4L mes devoirs de citoyen, par la séduction à laquelle
< j'ai succombé. C'est ma faute, ma grande faute, ma 4: très grande faute. C'est pourquoi j'en demande par-
< don à la France et au roi, et je les prie, par l'inter- « cession des âmes compatissantes et honnêtes, que
< notre jeune monarque a appelées auprès de lui, de € m'accorder un pardon que mon repentir pourra peut- € être mériter. »
Le chœur du peuple répondait : « C'est ce que Dieu -€ peut faire ; c'est ce que le roi ne fera pas. »
Le Gloria in excehis, VÉptlre, VÉpangile^ la Prose, le Credo, YÉlémliorit le Canon, VAgnus dei, le dernier Évangile «taient sur le même ton. L'oraison funèbre du Parlement-Maupeou avait accumulé toutes les injures des satires de ce temps. Après l'oraison funèbre, on arrivait ' aux vêpres. Le premier verset du premier psaume était ainsi conçu : « Le Seigneur roi a dit à sou ancien Par- « lement : Rasseyez-vous à ma droite et continuez à
« rendre la justice à mes sujets. » Par !à, on peut juger du reste. Les antiennes, les hymnes, les cantiques, rien n'y manquait. Quelques antiennes avaient été tirées des chœurs d'Esther et d'Athalie et appliquées au sujet. Ce livre curieux se termmait par un sermon et des complies, ayant le même accent de mordante raillerie.
De tous les points du ressort, arrivaient capitouls, consuls, confréries, officiers des sénéchaussées, députés des villes et des bourgades. Cour des aides, chambre des comptes^ chapitres, corps de métiers, académies, ordre religieux, étudiants ou régents des universités, apportant des couronnes de lauriers au président de Puivert, à Tarchevôque Loménie de Brienne, aux présidents de Senaux, de Sapte et de Sauveterre, au milieu des cavalcades et des processions, et au bruit des timbales, des hautbois, des trompettes et des mousquets. On vit un jour, le président Boyer de Sauveterre, fils du conseiller Boyer-Drudas, un doyen de l'ancien Parlement et le plus ancien magistrat du royaume, revenirdu village de Drudas, accompagné par les paysans chez lesquels, selon ce qui a été dit, dans son éloge à Tacadémie des Jeux Floraux, il avait ramené Tàge d'or. Une troupe d'écoliers, trop jeunes pour être admis au corps des étudiants, envoya aussi sa couronne au président de Puivert. avec un distique latin, composé par un cordelier de la grande observance, qui jouant sur le nom de Puivert, rappelait Pivert, et disait que le roi avait pris ce bel oiseau sur un arbre verdoyant, pour en faire un prince du Sénat toulousain.
Enfin, se leva le jour du 14 mars fixé pour la réintégration de l'ancien Parlement. A l'aube, la Basoche,