‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 22 sur 182 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Émeutes dans le Vivarais.— Charlotte de Chambaud, dame de Privas. — Montpézat, gouverneur de Muret, condamné à mort. — Nouvelles guerres religieuses. — Élection des capitouls, et luttes de T Hôtel de Ville et du Parlement. — Toulouse se prépare à la guerre. — Grande modération du Parlement. — Le Parlement appelle Montmorency.

— 11 organise la défense de la ville. — Députation du Parlement envoyée à Louis XIII. — Le conseiller Berlrandi. — Les deux partis à Castres. — Chambre de TÉdit à Villemur. — Les villes rebelles coupables de lèse-majesté. — Résistance de Montauban. — Arrivée de Mayenne à Montauban. — Murs rasés dans quelques villes. — Députation du Parlement devant le duc de Mayenne. — Mort du doyen d'Assézat. — Louis XI 11 en marche sur Toulouse. — Arrivée du roi à Toulouse. — Le connétable et le Parlement. — Entrée du roi. — Villes reprises par les protestants. — Remontrances. — Départ du roi.

— Belle réponse du conseiller Bcrtrandi au connétable. — Les calvinistes pendus. — Mort du président de Paulo. — Mort du président de Ségla. — Leurs successeurs, le président de Calvière et le président de Gragnagues.

La vie publique, pour une grande province, ne se concentre pas longtemps autour du bûcher d'un athée ou des fêtes bruyantes d'une entrée de princes. Ces flammes et ces joies n'ont que des heures rapides ; elles n'arrêtent pas le travail des idées, le mouvement mystérieux des choses et le réveil des âmes dans une société tant de fois éprouvée par les guerres religieuses. L'édit sur la constitution des biens ecclésiastiques usurpés par les réformés dans leBéam, depuis soixante ans, agitait les protestants du royaume et les armait pour

des révoltes prochaines. Au lendemain de Tenregistrement de cet édit au Parlement de Toulouse, et de la création d'un Parlement à Pau, en 1620, des émeutes éclatèrent dans le Bas-Vivarais.

Ces émeutes sortirent des fiançailles de Charlotte de Chambaud, dame de Privas, veuve de Chambaud, chef fameux des protestants, avec le seigneur de Cheylame, fils aîné du vicomte de TEstrange, ardent catholique, dont elle s'était éperdument éprise. A la nouvelle de ce projet de mariage, les protestants du Vivarais craignirent que la ville de Privas, dont ils étaient les maîtres, ne tombât au pouvoir des catholiques ; le conseil de la région du Bas-Languedoc, assemblé dans les montagnes de TArdèche, exhorta les habitants de ces contrées à s*y opposer de toutes leurs forces. Ils n'empêchèrent pas le mariage de s'accomplir. Quelques jours après, le vicomte de Cheylane, marchant sur Privas avec trente gentilshommes, rencontra, sur sa route, deux cents protestants, en tua un grand nombre et dispersa les autres.

Cette victoire irrita les habitants de Privas qui mirent à leur tête Brison, gendre de Charlotte de Chambaud et s'emparèrent du château. La guerre ainsi allumée s'étendit vers Aubenas, Vais et Villeneuve-de- Berc. Le château de Privas est, tour à tour, repris et assiégé par les troupes catholiques et protestantes. Des deux côtés on se bat avec acharnement. Déjà, le conseiller Gabriel de Masnau était parti pour Privas, afin de châtier la révolte, au nom du Parlement. Au moment où il approchait de la ville, les habitants, pressés autour de lui, le conjurèrent de s'ar-

Page 1