‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 24 sur 182 · CHAP. IV. — TOULOUSE SB PRÉPARE A LA GUERRE · texte numérisé non relu

CHAP. IV. — TOULOUSE SB PRÉPARE A LA GUERRE

et sans préjudice des privilèges de la ville, le greffier en dressa procès- verbal et le Parlement rendit, le la décembre, im nouvel arrêt cassant la délibération du mois de novembre, comme ayant été prise c tumultueusement « et à heure nocturne, avec injonction de Teffacer des « registres publics », interdisant aux capitouls de s'assembler ou d'assembler la bourgeoisie, sans permission de la Cour, enfin, prononçant contre le chef du consistoire Carrière et le capitoul Durand la déchéance à perpétuité de leur droit de bourgeoisie, leur interdisant le capitoulat et leur défendant d'exercer, pendant dix ans^ leur profession d'avocat.

Le roi, informé de cette querelle, voulut avoir sous les yeux ces délibérations et ces arrêts. Il commanda bientôt aux capitouls d'aller apprendre ses volontés de la bouche du premier président. Le lendemain, Le Masuyer se rendit à l'Hôtel de Ville, où il informa les capitouls que la volonté du roi était qu'ils eussent à abandonner leur charges aux huit capitouls nommés par la Cour. L'Hôtel de Ville plia sous la volonté royale ; pourtant un arrêt du Conseil, du 17 janvier 1621, portant que le Parlement ne devait connaître de Télection des capitouls qu'en cas d'abus et de délit, ne tarda pas à rétablir en leurs charges les capitouls Carrière et Durand.

Ces divisions s'effacèrent devant l'organisation de la défense de la ville. A l'assemblée de la Rochelle, la France venait d'être divisée en huit cercles ou départements, commandés par des capitaines généraux de la religion réformée, ayant pour généralissime le duc de Bouillon. Le cercle du Haut-Languedoc et de la Haute- Guyenne échut au duc de Rohan qui se hâta de repren-

dre les hostilités. Par son ordre, on emprisonna tous les prêtres des deux chapitres de Montauban dans le palais de révoque, d'où ils ne sortirent qu'en jurant de ne pas

franchir les portes de la ville. A Castres, telles furent les

menaces proférées par les protestants, que les parlementaires catholiques de la chambre de l'Edit supplièrent le roi de les autoriser à regagner Toulouse, parce qu'ils ne pouvaient utilement servir la justice, et que les magistrats protestants refusaient d'enregistrer les déclarations royales, ordonnant la dijssolution des assemblées de la Rochelle et de Saint- Jean d'Angely.

Les protestants de Toulouse redoutant les représailles des catholiques songeaient à s'enfuir, lorsque le Parlement, en témoignage de ses idées de modération et des anciens édits de pacification, rassura les protestants, en défendant aux catholiques de venger l'insulte faite au clergé de Montauban et de relever les défis des réformés de Castres. Cette politique clémente du Parlement et cette inaction des catholiques ne firent qu'exciter l'audace du parti de la Réforme. La ville et le Parlement prirent alors des mesures de guerre : le clergé, dans une assemblée tenue à Toulouse, décida la levée de trois compagnies de gens d'armes, de cinquante maîtres chacune et de quinze cents hommes de pied, aux frais de la ville de Toulouse et des villes maîtresses du diocèse. C'est le Parlement qui, sous le bon plaisir du gouverneur de la province, délivrait des commissions de capitaine aux plus fidèles et aux plus braves.

Cet armement étant inférieur aux forces des protestants, la sénéchaussée de Toulouse cherchait à mettre les troupes catholiques en état de se défendre, mais dea

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