‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 25 sur 182 · CH. IV. — IL ORGANISE LA DÉFENSE DE LA VILLE · texte numérisé non relu

CH. IV. — IL ORGANISE LA DÉFENSE DE LA VILLE

diversités d*opinioQ s'étant élevées entre les évéquea. d*AIbi, de Lavaur et de Rieux et les barons, députés des villes, TAssemblée se sépara sans rien décider. II sem-* blait que le Parlement eût pressenti ces divergences, en eûvoyant, la veille, le conseiller Jacques de Mausac au duc de Montmorency, pour lui représenter que sa pré^ sence s*imposait dans le Haut-Languedoc. Le duc ne pouvait quitter le Bas-Languedoc toujours agité par des séditions nouvelles ; il écrivit au Parlement qu'il approuvait ses arrêts et ses décisions, et qu'il s'en remet' tait à sa vigueur et à sa sagesse du soin de tenir les rênes du gouvernement à Toulouse. En môme temps, il mit le seigneur deMoussouliris à la tête de l'infanterie etconfia • le commandement de la cavalerie à Jean de Cornusson.

De leur côté, dans une conférence tenue chez le premier président, la grand'chambre et la Tournelle, de concert avec Moussoulins, travaillèrent à régler lenom-» bre des troupes à mettre sur pied et à nommer les com^ mandants qui furent pris parmi la plus haute noblesse du pays. En parlant de ces compagaies guerrières, le père Lombard a dit avec orgueil : « On ne doit pas s'ima- € giner que ce furent là des compagnies de bourgeois « armés de plumes et de rubans, et un ramas d'artisans « effrayés du bruit de la guerre. » t

Par toute la province, le vent était aux combats : les villes du Languedoc s'étaient depuis longtemps aguerries aux discordes et aux batailles. Tout devenait prétexte aux prises d'armes, lorsque Louis XIII recevant, àNérac, la députation du Parlement de Toulouse^ composée du premier président Le Masuyer, de deux conseillers et des gens du roi, leur donna des instruc-^

go HISTOIRE DU PARLEMENT DK TOULOUSE

lions sur Tobservation des édits de paix dans le ressort. Cédant à la pression des protestants du Béam et d*un prédicant fougueux arrivé de la Rochelle, la ville de Castres secoua le joug du roi: les magistrats catholiques de la chambre de TEdit se virent à la veille d*ètre massacrés. Le conseiller Bertrandi, qui présidait alors la chambre de TEdit, doux et ferme dans Texercice de sa charge, proposait à ses collègues de l'une et Tautre religion d'opposer la force des lois à l'insolence d'une populace ameutée. Les magistrats protestants reculèrent devant ce parti qu'ils trouvaient plus périlleux que prudent. « 11 faut donc, s'écria Bertrandi, que la chambre

< abandonne une ville où elle ne s)Biurait demeurer, sans

< se rendre coupable de lèse-majesté. » Les magistrats protestants répliquèrent, en disant qu'ils ne pouvaient sortir de Castres sans courir de graves dangers, et que des tempéraments serviraient mieux le roi que ces coups d'éclat en pure perte.

Les habitants de Castres se divisèrent en deux camps opposés ; les modérés et les sages craignirent que les voies de la violence, en chassant les magistrats catholiques, ne privassent à jamais la ville de la chambre de l'Edit ; ils souhaitaient de les voir partir sans luttes et sans bruit. Pour les engager à cette retraite, on leur ouvrit les portes de la ville, et on répandit le bruit que des compagnies calvinistes s'approchaient, prêtes à égorger tous les catholiques; des sentinelles se postèrent au seuil des maisons des parlementaires catholiques, pour protéger leur fuite. Bertrandi s'obstina à rester à Castres, jusqu'au moment où on lui annonça que sa constance lassait les protestants et qu'il eût à partir ou à

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