CHAP. IV. — ENTRÉE DU ROI
de respecter les privilèges et les délibérations de la ville. De la porte Arnaud-Bernard à Téglise Saint-Étienne, ij passa sous sept arcs de triomphe. Il faut lire le récit de Malenfant.
€ Toutes les rues furent tapissées, tous les auvents « des boutiques ôtés, et les maisons, par ce moyen, ren-
* dues égales ; le ciel fut aussi tendu de drap bleu et « toutes les rues si couvertes de sable, qu aucun caillou « ne paraissait. Sept portaux de belle architecture, en- « richis de belles peintures et de grand nombre de belles X devises ornèrent fort les sept endroits où ils furent « posés. Le premier sur lequel était la statue de Saturne « fut mis à la porte Arnaud-Bernard; le second repré- « sentant Jupiter à l'entrée de la place Saint-Sernin ; le « troisième où était la statue de Mars au bout de la rue
* des Changes ; le quatrième au Salin, dédié au soleil ; le < cinquième à la Perchepinte, avec la statue de Vénus; >t le sixième à l'entrée de la place Saint-Etienne, sous « le nom de Mercure ; le septième à la place de TArche- € vêché ayant à son sommet la statue de la lune en forme « de Diane, et au milieu de la place Saint-Etienne, se « dressait une belle colonne ornée de quatre beaux ic tableaux et de grand nombre de devises au haut de la- « quelle était une statue du roi à cheval, avec une cou- » ronne de laurier. »
Le roi arriva ainsi devant la cathédrale, au bruit des cloches, du canon, des fanfares de Tarmée et des acclamations du peuple, sous le dais porté par les capitouls le connétable de Luynes en avant, Tépée nue ; autour du roi, marchaient Monsieur, frère du roi, le grand prévôt de France, des héraults d*armes, le maréchal de Pras-
g8 HISTOIRE DU PARLEMENT DR TOULOUSE
lin, le prince de Joinville grand chambellan, le duc de Liancourt écuyer, les ducs d'Elbeuf, de Luxembourg, Schomberg surintendant des finances et tous les seigneurs de la Cour. Le Parlement se plaça sur les hauts sièges du chœur, à droite, en face des seigneurs de la suite du roi.
Au milieu de ces réjouissances, survint la nouvelle de la prise des places du comté de Foix, par les troupes protestantes. L'enthousiasme se refroidit : on craignait les dévastations et les pillages. Le président de Bertier, un autre président et vingt conseillers supplièrent le roi de s'emparer des petites villes de Caraman et du Mas-Saintes-Puelles, redoutées pour leurs brigandages. Malgré le connétable irrité contre le Parlement et les Toulousains qui lui reprochaient durement la levée du siège de Montauban, le roi fit avancer les troupes et réduisit ces villes rebelles.
Le Parlement tenait tête au connétable ; il représenta au roi, par la voix du président de Bertier, assisté de quatre présidents et de seize conseillers des diverses chambres, que sa présence à Toulouse venait d'attirer les chefs du parti protestant dans le ressort, et qu'à son départ, les huguenots, plus audacieux que jamais, se livreraient à de cruelles représailles. En même temps, le Parlement réclamait la translation à Toulouse de la Cour des aides de Montpellier, ville toujours en révolte, le renvoi des gouverneurs de Muret et de Grenade, dont le despotisme pesait aux habitants et aux consuls, et la fusion de la chambre de TEdit avec le Parlement, De leur côté, les capitouls demandaient la translation de la Cour des comptes dans leur cité.