CHAP. IV. — MORT DU PRÉSIDENT DE PAULO
de guerre. Ni le président de Bertier, ni le Parlement n'auraient voulu voir le connétable prendre, au lit de justice, le siège du garde des sceaux et prononcer lu harangue préparée par Du Vair avant de mourir.
Le roi se contenta d'envoyer au Parlement le conseiller d'État d*Aligre, pour y faire enregistrer quelques édits bursaux nécessaires aux intérêts de TEtat et aux frais de la guerre. Un de ces édits érigeait les procureurs en titre d'office et limitait leur nombre. Le lendemain, il s'embarquait sur la Garonne et se dirigeait vers la Gascogne, laissant le duc de Vendôme, général d'un corps de troupes dans la Haute-Guj'enne, prendre, avec les présidents et les plus anciens conseillers du Parlement, et de concert avec les évoques, les trésoriers, les gentilshommes de la province et les capitouls, des mesures destinées aux opérations d'une guerre offensive et défensive. On crut, un moment, à un complot contre le roi : deux calvinistes soupçonnés de vouloir attenter à ses jours furent arrêtés. Les charges ne paraissant pas assez graves pour les condamner comme meurtriers, le Parlement les condamna, comme espions, à être pendus.
Pendant que le roi assiégeait la petite place de Monheurt, sur la Garonne, et que le connétable expirait sous la tente, le président de Paulo mourait à Castres et le président Guillaume de Ségla à Toulouse. Les dernières années du président de Paulo n'eurent pas les orages du milieu du chemin de sa vie. On eût dit qu'il cherchait, par sa tristesse recueillie, à faire oublier le bruit. fait autour de son nom, pendant la Ligue. Ce fougueux parlementaire qui avait mis, dans son blason.
102 BIStOIRS DU PARLEMENT DE TOULOUSE
un mortier surmonté d*une épée, avec cette fière devise ad uirumque pa/alus, ne se préparait plus qu*à la mort, en lisant les saintes lettres et en rimant des poésies charmantes pour les Jeux Floraux. Le président Guillaume de Ségla ne dut guère sa renommée qu*à son rapport sur le procès fameux de la belle Violante et du moine Burdéus. II fut beaucoup aimé de Henri IV et reçut de lui des lettres qui firent la joie de sa vie. Fidèle à la reine mère, dans sa disgrâce, il n*en fut pas moins honoré par Louis XIII, d'un brevet de conseiller d'Etat, en récompense des services par lui rendus à l'Etat et à la justice.
Le conseiller Marc de Calvière succéda au président de Paulo, et Pierre Desplats seigneur de Gragnague^au président de Ségla. Il y eut, au Parlement, une vive opposition à l'installation du seigneur de Gragnague, âgé de moins de quarante ans : les ordonnances et \^s règlements plièrent sous les suffrages du Parlement.