CHAPITRE V
Reprise de la guerre. — Le roi Louis XIII à Toulouse. — Harangue du premier président. — Réponse du roi. — Fêtes publiques. — Soumission des places rebelles. — Le duc de Rohan. — Mort du conseiller de Masnau. — Victoire du roi. — Proposition de paix. — Chambre de l'Édit à Castres et à l'Isle-d'Albi. — Opposition du Parlement à la chambre de l'Édit. — Réponse du duc de Rohan au greffier Malenfant. — Remontrances. — Lettres de jussion. — Réponse du roi. — Enregistrement de l'édit de translation de la chambre de l'Edit. — Agitation intérieure au Parlement. — Guerre civile. — Une question de cérémonial. — Levée de troupes. — Largesses du Parlement à roccasion de l'augmentation de ses gages. — Le conseiller de Caumels intendant de justice et de finances à l'armée. — Complot contre la vie du premier président. — Luxe du premier président. — Incidents de la guerre. — Édit de pacification. — Récriminations des protestants contre le premier président. — Mort de l'enseigne des gardes, Canrcdon. — Le printemps à Toulouse. — Condamnation de trois gentilshommes déguisés en ermites. — Les barons de Léran et de Mirepoix. — Attitude de Richelieu. — Assemblée des notables. — Noblesses d'épée et de robe.
Dès que Louis XIII eut regagné Paris, les protestants s'insurgèrent dans le Poitou, la Guyenne et le Languedoc. Condé pressa le ror de pousser partout la guerre avec la dernière vigueur. Louis XIII se remit, en effet, en campagne au printemps de 1622, et les coups qu*il frappa refoulèrent, sur son passage, les résistances calvinistes et la grande seigneurie qui s'associait aux réformés, pour reconquérir sa fortune et son indépendance. En entrant à Moissac, il y trouva
une députation du Parlement ayant, à sa tête, le président de Caminade qui le harangua, aux acclamations des seigneurs de l'armée royale. De Moissac, le roi fit marcher le duc de Vend5me sur la ville de Saint- Anto-. nin, place calviniste, forte entre toutes ce.lles de ces contrées. Vendôme l'investit, la contreignit à se rendre à discrétion, et laissa au conseiller d'Hautpoul, un de ces magistrats qui n'avaient jamais renoncé à la che-* Valérie, le soin de faire raser ses murs.
Le 27 juin 1622, Louis XIII, après avoir traversé les plaines de la Garonne, incendiées et ravagées par la guerre, entra à Toulouse, sans pompe et sans bruit, et descendit à l'archevêché, où le Parlement, en robes rouges, alla le saluer. En le revoyant, le peuple pleu-t rait de joie. La harangue du premier président Le Masuyer nous a été conservée par le président de Gra-« mond.
€ Sire, votre présence ramène Tespérance de la sûreté, « vos regards ont commencé à dissiper les nuages épais « qui s'étaient amassés sur nos têtes ; il est permis aux « catholiques de respirer; il leur est permis de professer « la même religion que cette province a reçue depuis € bien des ans avant la naissance du calvinisme, et dont « l'exercice n'a jamais ébranlé la monarchie, ni alarmé « les rois. Mais qu'importe à un héros de vaincre, s'il ne € conserve pas les avantages d'une victoire achetée par € les dangers et le sang d'une noblesse généreuse? Toute € victoire qui n'est pas durable est nécessairement imt «parfaite. Je ne suis que l'organe de cette noblesse ; « elle se plaint, sire, que ces places forcées par la terreur « de vos armes rentrent aussitôt sous le pouvoir de^