‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 40 sur 182 · CHAP. VI. — ÊDIT DE GRACE I · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — ÊDIT DE GRACE I

demanda des lettres de cachet, pour défendre aux présidents à mortier de participer à la délibération sur les deux édits. Cette délibération fut reprise le 24 mars 1 628, et on vit alors le curieux spectacle d'un prince du sang présidé par un simple conseiller, Jacques de Mausac. L'ancien conseiller clerc Jean Desfosses, évoque de Coronée et coadjuteur de Tévêque de Castres, et le maître des requêtes André Nesmond se retirèrent, en disant que les évêques ne pouvaient être présidés que par un vrai président. Jacques de Mausac ayant mis d'abord, en déli* bération, la récusation du premier président, le Parlement la déclara nulle et rappela le Masuyer. Quand on en vint aux édits, on écouta, en silence, les réquisitions du procureur général de Saint-Félix et de Tavocat général de Fieubet : la discussion apaisée et contenue par le premier président, se termina par un arrêt d'enregistrement. Condé trionphait, mais son orgueil avait reçu une profonde blessure et il disait, le lendemain, au président de la Terrasse : < J'ai souffert d'être présidé par le con- € seiller de Mausac, parce que je n'étais pas gradué et € je savais qu'on ne peut présider, au Parlement, sans « l'être ; mais j'ai souffert. »

Il allait oublier cet affront, en entrant en campagne dans le Haut-Languedoc, à la tête de l'armée catholique, en assiégeant les villes, en prenant les places fortes et en ravageant les pleines de la Garonne. Dans cette armée, le conseiller clerc de Caumels eut encore l'intendance de la justice et des vivres, emploi, disait avec sa fine malice le président de Gramond, qui ne s'alliait pas trop avec le caractère d'homme d'église. Le premier président Le Masuyer livrait bataille à sa manière, en

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dépêchant des espions par -tout le ressort, et surtout dans les contrées au pouvoir de la Réforme. Rien ne lui coûtait, ni argent, ni peiné, pour leur ouvrir les villes, surprendre les secrets des troupes protestantes, tendre des embûches à leurs partisans, les emprisonner et les condamner au supplice. Aussi, dans leurs histoires, les protestants ne désignaient alors Toulouse que sous le nom de boucherie des réformés, et le premier président que sous le titre de bourreau. C'est que Le Masuyer se laissait emporter par la fougue des représailles. Le père Lombard Ta dit ainsi : c Cette infatigable sévérité lui « procurait la plus grande considération dans le conseil « de Louis XIII, et elle lui eût acquis de la gloire, si la « crainte de verser le sang eût modéré davantage Télan « de ses poursuites, Thumanité entrant nécessairement « dans toutes les vertus. »

Le père Lombard n'est que Técho des gémissements de Tarchevêque de Toulouse, ce généreux et miséricordieux cardinal de la Valette, qui aimait à répéter que les dévastations et les gibets n'amèneraient pas la conversion des héritiques. Tant qu'il sentit en lui la force de gouverner son diocèse, il ne cessa d'attirer à lui, par le pardon et la clémence, les âmes arrachées à l'église. Quand il se courba sous le travail et les années, il se démit de son archevêché et chercha la paix dans la solitude et la prière. Charles de Monchal qui allait avoir tant de querelles avec ie Parlement le remplaça, au printemps de 1628.

Il était du Vivarais, fils et petit-fils d'apothicaires d'Annonai, savant en droit canon et en lettres grecques et latines, ferme et ne reculant ni devant les par-.

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