CHAP. VI. — MONSEIGNEUR DE MONCUAL
lementaires^ ni devant Richelieu. Choisi par le duc d'Épernon, en qualité de précepteur de son fils, Tabbé de* la Valette, il devint bientôt chanoine de la Sainte- Chapelle et abbé de Saint-Amans. Avant de franchir les portes de Toulouse, il exigea les honneurs d*une entrée solennelle. Le Parlement n'ayant pas assisté à son installation à la cathédrale, à la suite d'une -question de préséance avec les çapitouls, le président de Caminade, accompagné de douze conseillers, alla le complimenter en son palais, où quelques parlementaires, entre autres, les présidents de Bertier et Desplats se montrèrent, non en robe, mais en manteau court et répée au côté, comme possesseurs de fiefs relevant de l'archevêché.
Les archevêques de Toulouse étant coaseillers nés au Parlement depuis l'année i565, le nouvel archevêque y demanda séance, le 20 mai i628. Dès qu'il eut pris sa place, avant le doyen, le greffier lui présenta les articles de la profession de foi que le prélat lut, à haute voix, assis et couyert, mais il se découvrit et s'agenouilla, en prêtant serment sur la Passion, selon le vieil usage, entre les mains du premier président. « L'archevêque, dit Malenfant, salua la Cour par une « belle et gracieuse harangue, à laquelle fut réparti fort « courtoisement par le premier président. » Ce n'est que par une respectueuse déférence envers la pourpre romaine, que le Parlement permit aux cardinaux d'Armagnac, de Joyeuse et de la Valette, de prêter leur serment, debout et la main sur le cœur. Plus tard, tous les prélats prêtèrent serment debout, de même que les car* dinaux.
Au lendemain de cette audience, la Cour assista aux funérailles de son doyen, de Mansencal, et le soir, les crieurs publics annoncèrent la prise de La Rochelle, révoltée contre les rois de France, depuis deux cents ans. A la nouvelle de cette victoire, les villes protestantes du Languedoc, redoutant des assauts meurtriers et des capitulations ruineuses, songèrent à se soumettre et à demander la paix. Rohan releva les courages abattus et les troupes chancelantes prêtes à se débander; il convoqua à Nîmes une assemblée générale. Loin de Ténerver, les défections et les défaites lui donnaient une énergie nouvelle. Abandonné de l'Angleterre, il se tourna vers TEspagne, qui lui promit des secours d'hommes et d'argent. Le traité, conclu à Madrid, coûta la vie au courrier qui le portait; on l'arrêta au bord de l'étang de Maguelone. Traduit devant le Parlement de Toulouse, ce gentilhomme zélandais, Bernard Pels, prétendit qu'il était sujet du roi d'Espagne et qu'en se rendant, de la part du roi son maître, vers le duc de Rohan, il ne faisait qu'exécuter les ordres de son souverain, sans savoir si ces ordres intéressaient le roi de France, et sans craindre la mort, en loyal et fidèle sujet de son roi.
Dans son réquisitoire, le procureur général démontra que l'autorité des souverains se renfermait dans les limites de leurs États, et que les commandements du roi catholique respectés en Espagne, devenaient sans force en passant les frontières. Cette grave matière touchait au droit des gens ; elle fut longuement débattue et se dénoua par un arrêt de mort. Avant l'échafaud, la question. En voyant les instruments de torture, Bernard Pels avoua qu'il avait ordre d'exhorter le duc de Rohan