CHAP. IX. — REPONSE ALTIERE DU ROI
€ revêches à recevoir les édits dont j'avais besoin pour € faire de l'argent. Ce que j'ai fait, je Tai fait avec mon € Conseil ; maintenant que j'ai entendu vos raisons, € j'aviserai avec lui. »
Afin de ramener le roi à de meilleurs sentiments envers le Parlement, tous les députés s'engagèrent à lui apporter prochainement l'enregistrement de tous les édits bursaux. Trois d'entre eux, de Frautz, de Rességuier et de Frézals regagnèrent Toulouse et remirent ces édits au président Donneville, qui les transmit aux gens du roi. Une deuxième fois, il s'^éleva,aux chambres assemblées, des discussions et des oppositions à l'enregistrement de ces édits : le Parlement se décida à en enregistrer quatre : il promettait d'enregistrer les autres.
Impatient d'écraser toute résistance, le cardinal expédia au président de Donneville une lettre de cachet, lui enjoignant de faire connaître au roi les noms des opposants; mais la lettre n'étant pas scellée du grand sceau, le président n'en tint pas compte. Richelieu fit alors ordonner au premier président de Bertier de repartir sur-le-champ pour Toulouse, et de notifier au Parlement les dernières et absolues volontés du roi. On s'inclina sous cette volonté inflexible, et toutes les résistances tombèrent. Le Parlement de Nîmes ne fut jamais installé: il allait être aboli par un édit du mois de mars 1689.
La charge de septième président créée par ces édits fut donnée au conseiller des enquêtes, Jacques du Puget. La chambre de l'Edit fut aussi augmentée de nouveaux officiers. A partir de cette époque, le chancelier enleva au Parlement la nomination des conseillers catholiques, destinés à servir en la chambre de l'Edit.
âdd HISTOIRE DU PARLEMENT DE TOULOUSE
La'province se consolait de ce lourd fardeau des impôts de la guerre et des ravages de la peste dans le Bas- Languedoc, par l'espoir de voir reculer, au-delà des Pyrénées, les frontières françaises avec la conquête du Roussillon : elle donna au roi ses troupes, son argent et sa noblesse. Vingt mille hommes furent levés, aux frais des vingt-deux diocèses, la ville de Toulouse équipa un régiment de mille soldats, et le Parlement mit tout son dévouement au service de la Couronne. Un de ses arrêts invitait les gentilshommes à quitter leurs châteaux et à rejoindre le prince de Condé, en leur promettant de les mettre, durant la guerre, à l'abri des poursuites de leurs créanciers, et en suspendant leurs procès civils et criminels, jusqu'au retour de la paix.
Condé se laissa battre par les Espagnols au fort de Salse et convoqua les Etats à Toulouse. L'enregistrement des provisions accordées au comte de Tournon, en qualité de lieutenant du roi au Puy et à Viviers, emprunta une grande solennité à la présence de Condé, du maréchal de Schomberg, de Miron, intendant du Languedoc et de Marchault, intendant de justice du prince. Les divisions intérieures vont se ranimer au Parlement. A la nouvelle d'émeutes sanglantes à Castelsarrasin et à La Française, la grand'chambre charge le conseiller de Rességuier de se transporter sur les lieux, et de faire définitivement le procès aux séditieux. La Tournelle crut voir, dans cette désignation émanée de la grand'chambre, une usurpation de ses droits, et nomma à son tour un commissaire, le conseiller de Carlencas. On alla devant les chambres assemblées qui partagèrent sage-