‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 61 sur 182 · CHAP. IX. — PRISE DE PERPIGNAN · texte numérisé non relu

CHAP. IX. — PRISE DE PERPIGNAN

cette question, à trente voix contre trente. Les requêtes finirent par l'emporter.

Au milieu de ces discussions arrivent, coup sur coup, les trois nouvelles de la prise de Perpignan, de la mort de Richelieu et de la mort de Louis XIIL Le 28 mai 1648, aux chambres assemblées, le premier président fit lire, par le doyen, les lettres du nouveau roi, annonçant que son père venait d'expirer à Saint-Germain, les lettres de la reine mère et de la Vrillière et le testament du feu roi. Les officiers de la ville reçurent, à cette audience. Tordre de veiller à la sûreté publique, et les habitants furent autorisés à Tappel du tocsin, à courir sus aux bohémiens chassés de la ville et essayant d*y rentrer. Les audiences furent suspendues, jusqu'au lendemain de la cérémonie des honneurs funèbres à rendre à Louis XIIL

Le 21 juin, eut lieu cette pompeuse cérémonie, pareille à celle qui suivit la mort d'Henri IV. On chanta ensuite un Te Deum en l'honneur du nouveau roi, et on alluma des feux, de joie sur la place Saint -Etienne. Il restait à nommer les députés qui auraient à présenter au roi les hommages de la Cour. Le premier président de Bertier, le président Donneville, le sous-doyen de la Cour, d'Agret, au refus du doyen accablé d'années, et les présidents des enquêtes de Fraust et Claude d*Advisard, s'acheminèrent vers Paris, précédés de lettres au roi et à la régente, contenant les protestations de fidélité de la Cour et réclamant la protection royale.

Avant de partir, ils reçurent du Parlement des instructions, de nature à améliorer l'état des finances de la pro-

vince et à réprimer les extorsions des traitants et des intendants. Affranchis du contrôle des parlementaires, les intendants agissant en vertu d'une commission royale, levaient les impôts en conquérants et en despotes. Avec Taidede Richelieu, ils surmontaient tous les obstacles, sans s*inquiéter de la misère publique ; après la mort du cardinal, le Parlement changea de tactique, abandonna la voie des remontrances et s*apprêta à heurter de front les intendants.

A une assemblée des chambres, le plus ancien conseiller des enquêtes, Juliard, exposa les désordres qui régnaient dans les Cévennes, soulevées contre les exactions à main armée des intendants, et proposa un arrêt de suspension de toutes les commissions royales non vérifiées. Après quatre matinées de discussions, l'arrêt de suspension fut prononcé. De cet arrêt allait naître toute une sédition : un collecteur fut égorgé à Toulouse ; un autre n*échappa à la mort que par la fuite ; les commis des intendants s'enfuyaient devant les populations exaspérées. Le Parlement reprenait partout son autorité souveraine ; mais, sur la plainte de La Perrière, intendant de Montauban, un arrêt du Conseil cassa l'arrêt du Parlement de Toulouse, comme attentatoire aux droits du roi et contraire à la paix publique. Le Parlement répondit par un second arrêt qui condamnait un libelle diffamatoire de La Perrière à être brûlé par la main du bourreau. En même temps, le Parlement adressait à la reine des remontrances sur l'arrêt du Conseil.

La trêve se fit d'elle-même, le jour où le Parlement enregistra, sans observations, les lettres patentes de la régente qui cassaient le testament de Louis XIII, et con-

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