‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 64 sur 182 · CHAP. X. — COMMENCEMENT DU GRAND RÈGNE · texte numérisé non relu

CHAP. X. — COMMENCEMENT DU GRAND RÈGNE

concorde entre les États ci le Parlement. — Fin de la Fronde. — Désordres dans le ressort. — La tète de Mazarin mise à prix au Parlement. — Guerre de Guyenne. — Organisation de la défense à Toulouse. — La peste. — Pavillon, évoque d'Alet. — Arrêts divers. — Fin de la guerre et de la peste. — Le baron de Léran. — Amnistie. -— La paix. — Mort du premier président de Bertier.

Le grand règne commence et la victoire de Rocroi en éclaire l'aurore. Le Parlement se rend, en robes rouges, au Te Deum chanté en Téglise de Saint-Etienne, et enregistre les lettres patentes du roi donnant au duc d'Orléans, revenu en faveur, le gouvernement et la iieutenance générale du Languedoc, qu il allait garder seize ans. En faveur de ce fils de roi, frère de roi et oncle de roi, les parlementaires délaissèrent la règle, et le dispensèrent du serment de garder les ordonnances. Une députation de parlementaires alla le complimenter à Paris.

Ils ne se départaient jamais de leur sévérité jalouse en matière de réception des nouveaux magistrats. Au mois de septembre 1643, le conseiller Vignes, à la fin d'un examen, s'attira cette rude réprimande du président de Ciron : € La Cour très mal satisfaite de vos réponses « a pitié de vous, et espérant que vous tâcherez, à Ta- € venir, de réparer ce grand manquement par vos étu- € des et bonnes actions, vous reçoit par grâce et non par < justice, en la charge de conseiller, de laquelle il a plu € au roi de vous pourvoir. » Il arriva, plus d'une fois, que les magistrats hésitants dans leurs réponses n'étaient reçus, qu'à la condition de ne pas opiner pendant deux ans.

Ce président de Ciron qui parlait si rudement au con-

S3iller Vignes venait, lui-môme, de subir les rigueurs du Parlement qui n'enregistra, qu*après bien des lenteurs et des entraves, les lettres par lesquelles le roi l'autorisait à prendre la charge de son père. C'était toujours ce même Parlement qui refusait, en 1612, de recevoir l'ancien conseiller au présidial, Olivier Tolosani c ignorant « trop la science du droit ». Cette science du droit lui devenait tous les jours plus chère. Depuis le commencement du dix-septième siècle, le Parlement ne se contentait plus de déléguer qi\elques-uns de ses membres, pour assister aux discussions des prétendants aux chaires de droit : il préside, en corps, à ces solennelles controverses. Un de ceux qui se plaisaient le plus à ces combats de récole était le sous-doyen d'Agret, qui se démit alors en faveur de son fils ; en souvenir de ses longs services, le roi lui permit de continuer l'exercice de sa charge, malgré la résiliation de son office de conseiller.

Les jeunes conseillers oubliaient, parfois, l'austérité de leurs devoirs et se laissaient entraîner aux choses légères de la vie. Au mois de juin 1643, les capitouls ayant décrété de prise de corps un gentilhomme accusé d'un crime de viol, une troupe déjeunes gens, au milieu desquels se trouvaient les conseillers Guillaume de Puymisson et Pierre de Terlon, se glissèrent dans la prison et le firent évader. Le guet arriva, mais deux cents écoliers et clercs de la Basoche, commandés par le fils du président du Puget, mirent le guet en déroute. En chambres assemblées, Puymisson et Terlon, debout et découverts derrière le bureau des présentations, eurent à se justifier et à recevoir la réprimande de la Cour. On le voit, les temps sont changés, les héroïques traditions de travail silencieux, de soli-

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