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CHAP. X, — LES PARLEMENTS ET LA COURONNE 24I

par 1« roi. Quand les évoques et archevêques eurent pro* nonce, le marquis de Rabat refusa de se soumettre à une partie de la sentence ; TafiFaire menaçait de se prolonger encore, lorsque Tévéque de Rieux consentit à réduire les exigences du haut clergé de la province. On prépara, à Grenade, une entrevue solennelle entre ToflEenseur arrêté àToulouse, et l'offensé qui échangèrent de courtoises paroles et promirent de tout oublier. Au fond de l'âme du marquis de Rabat grondait une sourde colère : le frémis* sèment secret de son humiliation lui fut si douloureux, que son émotion se trahit par un ruisseau de larmes. Ce n'étaient là que de stériles querelles, à côté du soulèvement des Parlements de France contre la couronne. Au Parlement de Toulouse et aux états du Languedoc, aussi bien qu'au Parlement de Paris, s'agitait, à grand bruit, cette redoutable question posée par Anne d'Autriche aux parlementaires de Paris : c le Parlement se € croit-il en droit de limiter l'autorité du roi? » Toutes les fiertés refoulées par Richelieu se relevaient à l'avènement de Mazarin. C'est devant les parlementaires arrivés alors aux plus hauts sommets, que se débattaient les querelles des peuples et des rois. Enivrés et environnés de leur popularité bourgeoise, ils protestaient contre l'unité passagère et despotique d'un ministre qui ne marchait que sur les traces de Richelieu. Ils donnèrent la main aux exilés, aux disgraciés, aux dégradés, et à tous ceux qu'avait écartés ou frappés le dernier règne. Mais ces vanités humiliées ne tenaient plus au sol que par de faibles racines; au lieu d'une lutte inspirée par la religion ou la liberté, on ne voit passer sur le royaume qu'un vent d'ambition et d'intrigues qui se

perdra dans le bruit des balles et des barricades. La Fronde se levait sur Paris et, sous son nom et ses émeutes frivoles, allaient se décider les plus graves questions du royaume.

Depuis la mort de Richelieu, le Parlement de Toulouse n'aspirait qu'à reconquérir, dans son immense ressort, sa puissance bravée plus d'une fois, par des troupes de gentilshommes, derrière leurs murailles, et par des bandes de pillards réfugiés au fond des bois. S'il servait la couronne avec une fermeté que rien n'ébranlait, il la combattait sans peur, toutes les fois que la couronne s'attaquait à ses traditions et à ses privilèges consacrés parles siècles. Ces tendances perçaient sous les phrases de la harangue du premier président Jean de Bertier, sur la souveraineté des rois, à la rentrée de la Saint-Martin d'hiver de 1646. Le Parlement n'attendait qu'un signal pour ruiner la politique de Louis XTIL

En déclarant, par son arrêt du i3 mai 1648, vouloir unir ses intérêts à ceux du grand Conseil, de la Chambre des comptes, et de la Cour des aides, sur une question de gages, le Parlement de Paris ouvrit une ère d'agitations qui allait se prolonger pendant cinq années, et emporter dans ce courant de Fronde, tous les Parlements de France. L'institution des intendants léguée au pays par Richelieu comme la vivante image de son système d'administration unitaire, ardemment attaquée au Parlement de Toulouse, fut supprimée par le Parlement de Paris, de concert avec l'union des Cours supérieures. Le chancelier n'eut pas assez de force pour résister à cette secousse soudaine. Une déclaration du roi révoqua les intendants et réduisit les tailles.

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