‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 68 sur 182 · CHAP. X. — ETATS GENERAUX · texte numérisé non relu

CHAP. X. — ETATS GENERAUX

Le Parlement de Toulouse s'empressa d'enregistrer la déclaration royale, en adressant au roi des remontrances, afin d*obtenir, en Languedoc, la plus large extension de ses faveurs ; il n*oublia pas de défendre aux intendants de lever les tailles, à peine de concussion, aux officiers royaux d'exécuter leurs prescriptions» et aux sujets d'obéir à leurs commandements. Il ordonnait, en même temps, une information sur leurs malversations et leurs violences. Un moment, les parlementaires purent croire que cet anéantissement de rivaux, prompts aux empiétements et aux audaces, ramènerait un règne à jamais paisible; mais ni la noblesse habituée à la guerre et hostile au gouvernement des hommes de robe, ni la bourgeoisie mécontente et jalouse ne saluèrent avec enthousiasme cet événement. Sur toutes les classes de la société de ce temps, planaient de vagues inquiétudes : les Parlements ne leur paraissaient pas assez puissants pour réformer l'Etat : on songeait partout à la convocation des Etats généraux.

Pendant que les Etats généraux s'ouvraient à Orléans le i5 mars 1648, les émeutes se réveillaient en Languedoc. Les Etats de la province envoyèrent au Parlement une députation chargée de solliciter la nomination d'un commissaire, ayant pouvoir de se transporter sur les lieux et de commencer les poursuites. C'était là une nouveauté dans les assemblées provinciales ; cette sorte d'ambassade traversa princièrement le ressort, et parut à la grand'chambre, où elle reçut les honneurs accordés aux plus grands personnages. Quelques jours après, le Parlement répondit à cette respectueuse dé-

marche des Etats, par l'envoi d*uae députation conduite par le président de Donneville. Le Parlement allait en aveugle dans cette voie ; il s'apercevra bientôt, qu'il a fait fausse route et se ralliera au parti du roi. En attendant, il réclame la translation à Toulouse de la chambre de l'Édit, mais ni le roi, ni la reine, ni Mazarin ne veulent accueillir sa demande. Ils en étaient alors à la première Fronde, avec les importants, les petits maîtres, Beaufort, le roi des Halles, le vieux conseiller Broussel, les barricades, le prince de Condé revenu victorieux de la bataille de Lens, Gondi le bouillant coadjuteur étincelant d'esprit et d'audace et rompu aux intrigues. Devant cette armée de factieux, la Cour recula, quitta Paris et se réfugia à Saint- Germain. Pour avoir « trop de maîtres, disait madame de Motteville, les Français n'en connaissaient plus aucun. »

Le Parlement de Toulouse vraiment attaché au roi n'entra pas dans cette première Fronde et résista aux instances des agitateurs. Les écoliers ne souhaitaient que des tumultes et des émeutes : le Parlement leur défendit de s'assembler et de s'armer ; il enjoignit aussi aux bohémiens de sortir de la province. En Quercy, les paysans s'étant insurgés, le conseiller Buisson d'Aussonne partit, à la tête d'un corps d'armée, pour les mettre à la raison : dans le comté de Foix, le monastère de Notre-Dame des Salenques, bloqué par des routiers, fut délivré par la vigueur des mesures prises par le premier président.

Après cette première Fronde, misérable levée de boucliers, attestant l'impuissance d'une époque énervée, se leva la seconde Fronde. Il y eut des duels entre les hommes et des injures entre les femmes. Les femmes

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