‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 7 sur 182 · CHAP. 1*'. — OPPOSITION DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

CHAP. 1*'. — OPPOSITION DU PARLEMENT

On alla aux voix à Tentrée de la nuit : les présidents de Paulo, de Caminade, de Bertier et de Maniban voulaient renvoyer la délibération au lendemain. Les conseillers, sauf le doyen, soutenaient que, d'après tous les usages, la délibération devait commencer séance tenante ; les présidents et le doyen quittèrent Taudience, et finirent par regagner leurs sièges, sur Tavis qui leur fut donné par le greffier et deux conseillers, que la Cour, en leur absence» passerait outre à la délibération. Seul, le président de Maniban se refusa à rentrer à l'audience et sortit du Palais. Après de vaines protestations des présidepts, le Parlement se remit à délibérer et décida, contrairement , à l'énergique opinion des présidents, qofi Le Masuyer serait reçu en l'office de premier président, avec .dispense de Tenquète sur sa vie et ses. mœurs, mais non de sa profession de foi catholique..

Sur l'ordre de la Cour, le greffier Malenfant se transporta en la maison de Le Masuyer et Tinforma que la Cour l'attendait. Le nouveau premier président arriva à la grjand'chambre, précédé du doyen d' Assézat et du sousdoyen de Rudelle, et écouta, debout et tête nue, l'arrêt de sa.réception, prononcé par le président de Paulo. Puis s'étaut placé au banc des maîtres des requêtes, il fit sa profession de foi catholique et alla s'asseoir au siège. dea premiers prudents, d'où il adressa à la Cour une harangue pleine, ainsi que le dit Malenfant, d'offres de(9a bonne volonté et de son service*

Le père Lombard, qui a raconté cette installation, après Malenfant, met à son récit ce grain de malice : < Le président de Paulo qui savait changer de style et

€ se tirer d'embarras, avec dignité, lui répondit de ma- « nière à faire sentir qu'il ne confondait pas la nais- € sance, les talents et la personne du successeur de € M. de Clarj avec certaines circonstances désagréables € à la compagnie ; elles Tétaient surtout pour les prési- < dents à mortier qui avaient des prétentions légitimes € à ce poste. »

Ce premier président de Clary, dont les largesses contribuèrent à l'achèvement du chœur de l'église Saint- Étienne, se retira dans ce bel hôtel bâti pour lui par Bachelier et Souffron, d'une construction lourde, mais originale et puissante, où il alla pleurer la mort de son fils. L'historien Catel a raconté que cet hôtel, qui n'est connu que sous le nom de la maison de pierre avait été construit avec les ruines de marbre et de pierre d'un ancien temple de Pallas, retrouvées dans la Garonne. Le temps a respecté les statues des fenêtres, les trophées d'aigles et de hiboux, les divinités et les cariatides des murs^ des pilastres et des portes; mais le blason des Clary sculpté au-dessus du double portail par les deux artistes Artus et Guépin, rongé par les années, a été mutilé par la main des hommes. Le souvenir du premier président François de Clary s'est effacé à Toulouse plus vite encore que son blason.

La mort allait bientôt le surprendre dans l'église des Récollets. On lui fit de magnifiques funérailles au couvent des augustins. Cent pauvres vêtus de deuil tenant des flambeaux allèrent à l'offrande, avec cent femmes portant des paniers contenant, chacun, trois flambeaux, trois bouteilles de vin et trois pains. Dans

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