‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 70 sur 182 · CH, X. — LE PARLEMENT ET LA COUR DES COMPTES · texte numérisé non relu

CH, X. — LE PARLEMENT ET LA COUR DES COMPTES

justice, en cherchant à limiter la juridiction de la Cour, et à former des assemblées permanentes, sans l'autorisation royale. Il reprocha aux députés des trois ordres le faste de leurs cérémonies et de leurs fêtes, en ce temps de misère publique. Il cassait les délibérations des Etats qui lui paraissaient en opposition aux lois du royaume et ordonnait des informations sur leurs malversations.

Le Parlement repoussait toujours les ouvertures des frondeurs ; quelques parlementaires se seraient engagés dans cette seconde Fronde, si le premier président ne les avait retenus. Le Parlement de Paris ayant adressé au Parlement de Toulouse un arrêt attribuant au duc d'Orléans la qualité de lieutenant général du royaume et au prince de Condé celle de généralissime des armées, le Parlement de Toulouse, malgré les lettres de Condé au premier président, refusa d'obéir, soit au duc d'Orléans, soit à Condé, et se borna à envoyer des remontrances à Mazarin. Il finit par entrer dans la politique du Parlement de Paris, et par demander l'expulsion de Mazarin et de ses partisans, avec permission aux communes de leur courir sus, après le délai de quinzaine ; il sollicitait aussi l'interdiction du conseil du roi à tous étrangers. La Cour des comptes de Montpellier casse à son tour les arrêts du Parlement, pour cause d'incompétence, et défend à tous les magistrats et officiers de reconnaître ses commissaires, à peine de 10,000 livres d'amende. Le Parlement réplique par un arrêt de cassation, où l'intervention de la Cour des comptes est traitée d'insidieuse et d'hostile au bien public, parce qu'elle surchargeait les populations, des épices extor-

qués dans la vérification des édits. Il décrétait de corps les commissaires de la Cour des comptes, et autorisait la recherche des pièces pouvant servir à l'information, par bris de portes des maisons et des châteaux. La Cour des comptes résista : devant les commissaires du Parlement, les villes se fermèrent ou se barricadèrent, les gens de guerre prirent les armes et les ennemis du Parlement alarmèrent le peuple et le poussèrent à rinsurrection. Le conseiller Foretz de Carlincas exécutant sa commission à Béziers se vit assiégé, en son logis, par plus de deux cents hommes qui le menacèrent de mort, lui enlevèrent ses prisonniers et ouvrirent aux insurgés les portes de la ville.

À ces violences, Foretz répondit par un manifeste où il disait : « Nous cherchons dans notre emploi, avec € plus de passion, le soulagement du peuple, que le « payement de nos peines, et nous prétendons nous in- € former et punir les achats infâmes, mercenaires et € publics des voix de quelques-uns des Etats, les exac « tions des deniers de la province et l'appui et le sup -

« port que les plus grands de la compagnie des Etats « donnent à cet infâme commerce... Ils n'empêcheront « pas l'exécution de notre commission qui ne roule « que sur deux chefs inébranlables, l'un de continuer € d'affermir le service de Sa Majesté dans les cœurs do « cette province, l'autre de les soulager, pendant la cherté € des denrées qui les réduit à la dernière misère. »

Le Parlement approuva ce manifeste et ordonna que le procès serait fait aux factieux ; il enjoignit aux consuls de Béziers de murer les portes de Tévôché, et de ne laisser entrer, ni sortir personne, à peine de 10,000 li-

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