‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 71 sur 182 · CHAP. X. — LE CONSEILLER FORETZ A NARBONNE · texte numérisé non relu

CHAP. X. — LE CONSEILLER FORETZ A NARBONNE

vres d'amende. Tous ces arrêts furent bientôt annulés par le Conseil du roi, mais le Parlement les consacra par un nouvel arrêt du i8 avril i65i, et en appela à la justice royale mieux informée. Il commanda à ses commissaires de passer outre, et aux sénéchaux, gouverneurs, gentilshommes, et consuls, de leur prêter mainforte à peine d'être recherchés comme pertubateurs du repos public.Le môme jour, un arrêt prescrivit des poursuites contre Mazarin accusé d*avoir fait commettre des déprédations sur la Méditerranée, dissipé les finances de rÉtat et surpris la religion du roi. C'est au conseiller de Foretz et à son collègue de Lestang que revint la charge de cette information, et de la saisie des biens du cardinal qui possédait, dans le ressort, la riche abbaye de Moissac. L'abbaye ne fut pas saisie, grâce à l'intervention du chevalier de Terlon, dévoué à la fortune de Mazarin et frère du conseiller de Terlon.

Le conseiller de Foretz n'en avait pas fini avec les insurrections et les outrages. En arrivant àNarbonne, il vit se fermer devant lui les portes de la ville, gardées par le gouverneur d'Argencourt, les consuls, le viguier, et les officiers de justice. Forcé de se retirer, il dressa procès-verbal et en référa au Parlement. Jamais arrêt ne fut plus rude : le Parlement condamna le gouverneur d'Argencourt, son lieutenant la Ricardelle et tous les consuls à avoir la tête tranchée à Toulouse en place du Salin, trois autres accusés, de condition inférieure, à être pendus ; il confisqua leurs biens, et ordonna la démolition de la maison de la Ricardelle, et du château de Lamothe Saint-Roman appartenant à d'Argencourt ; il transférait à Coursan toutes les justices établies dans

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la ville de Narbonne, et invitait le roi à nommer un autre gouverneur. Mais les accusés étant enfermés dans Narbonne, Tarret ne s'exécuta que par effigie. Le Parlement s'en prit à Tarchevôque de Narbonne et fit peser sur lui la responsabilité de ces événements ; il le décréta de prise d3 corps. Ms^ Claude de Rébé se garda de sortir de Narbonne de peur d'être emprisonné.

A Albi, les choses se passaient autrement. A l'arrivée du conseiller de Gargas, commissaire du Parlement, le conseil de ville alla au-devant de lui, protesta de sa soumission, offrit son assistance au Parlement et lui donna main-forte, pour arrêter le syndic du diocèse qui fut garrotté comme un malfaiteur, traîné en dérision dans les rues et conduit à Toulouse pour y être puni d'une levée d'impôts destinée aux Etats. Les Etats commettant abus sur abus en matière d'imposition, le Parlement dressa des règles nouvelles et mit des bornes à ces dilapidations. Chaque jour, ce sont des arrêts contre les factieux, et des injonctions aux gouverneurs déplaces, sénéchaux, gentilshommes, prévôts et consuls d'assister les commissaires de la Cour en leur mission.

Un arrêt prenait à partie les évêques de l'assemblée des États, qu'il accusait d'incurie et d'une coupable complaisance, dans ces graves questions des deniers publics. Un décret d'arrestation fut même lancé contre l'archevêque de Narbonne. L'église de France s'en émut et l'assemblée générale du clergé, sollicita en faveur des prélats du Languedoc, l'intervention royale. L'évêque d'Uzès, personnellement attaqué par le Parlement, se

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