‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 76 sur 182 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Gaspard de Ficubet, premier président. - Derniers restes des guerres de religion. — Amnistie. — Pillards dans le Gévaudan, le Velay, les Corbières et les plaines de TAude. — Le baron de Léran devant le Parlement. — Son exécution. — Réveil de résistances. — Les intendants. — Autorité naissante du roi. — Menaces de Mazarin. — La mort vient en aide à Mazarin. — Arnauld d'Andilly et le président de Gramond. — Mort des frondeurs. — Le prince de Conti et le roi Louis XIV à Toulouse. — Cherté des vivres. — Mazarin à Toulouse.

— Départ du roi. — Mort de Gaston d'Orléans. — Le prince de Conti gouverneur du Languedoc. — Retour du roi à Toulouse. — Fêtes pour le mariage du roi. — Mort de Mazarin. — L'Évéque d'Alct. — Procès de Henri de Rasiguières. — Un gentilhomme usurier.

— Évocation au Parlement de Grenoble. — Droit d*asile. — Reprise d*armes contre les protestants. — Influence des luttes religieuses sur l'industrie de la province. — Œuvres du président Donneville. — L'arrétiste Catellan. — Travaux de Riquet. — Prix des charges de magistrature. — La peste. — Vagabonds. — Arrestation du conseiller de Chastenet. — Les tailles. — Mort d'Anne d'Autriche et du prince de Conti. — Le duc de Verneuil gouverneur du Languedoc.

A ces époques de crise, la nomination d'un premier président était un des plus graves événements de la province. De son caractère et de ses tendances, dépendaient souvent les secousses ou la paix intérieures. Sur le Parlement assemblé pour la présentation des trois candidats à Tagrément du roi, passa un souffle de rivalités, et d'ambitions. Vingt-deux parlementaires briguaient cette charge : sur cent vingt votants, celui qui réunit le

plus de suffrages fut le président de Caminade ; le président de Garaud-Duranti, seigneur de Donneville, en eut trente-cinq, une de moins que Caminade ; dix-huit voix furent données au président Potier de la Terrasse. Parmi les noms des candidats, on trouve celui de Fermât qui n'eut qu'une seule voix. Le roi trancha le différend, en choisissant le procureur général Gaspard de Fieubet, d'une vieille noblesse de robe et dont le père, président à mortier au Parlement de Toulouse, reçut de Louis XIII la première présidence du Parlement de Provence. Avant d*ôtre procureur général, Gaspard de Fieubet élevé par Parisot, un des plus célèbres avocats de ce temps, présida, encore adolescent, la chambre des requêtes de Toulouse ; il n'avait alors que dix-huit ans. Il ne parait pas qu'on lui ait jamais reproché cette légèreté d'années.

A cette année i653, si l'action politique échappait au Parlement, les occasions ne lui manquaient pas d'exercer la justice criminelle. Dans les gorges des Cévennes et des Pyrénées, s'étaient embusquées et aguerries des bandes de routiers, derniers restes des guerres de religion. Entre protestants et catholiques, existait toujours une division profonde, encore augmentée par la difficile interprétation de l'Édit de Nantes sur les limites assignées aux deux religions. Un moment, les réformés de Vais en Vivarais s'insurgèrent, au nom de la liberté de conscience, mais afin d'étouffer la sédition, une déclaration royale accorda l'amnistie à tous ceux qui désarmeraient. Froissé par ce coup d'autorité du souverain, le Parlement rappela ses commissaires qui informaient dans les Cévennes ; il ne se résigna à enregistrer l'amnistie que cinq ans après.

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