‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 80 sur 182 · CHAP. XI. — MORT DE MAZARIN · texte numérisé non relu

CHAP. XI. — MORT DE MAZARIN

rance, on peut déjà pressentir la révocation de Tédit de Nantes. Entre les députations de province qui vinrent le complimenter à la mort de Mazarin, il refusa de recevoir les ministres protestants, et enjoignit à un exempt de faire repartir de Paris, le président de la chambre de redit de Castres. En même temps, il donna à Pierre de Marca, archevêque de Toulouse, l'archevêché de Paris ; mais la mort empêcha Marca d'en prendre possession, ce que Colletet a gaiement chanté :

« Ci-gît monseijjMieur de Marca, '« Que le roi de France marqua, <• Pour le prélat de son église.

(( Mais la mort qui le remarqua « Et qui se plaît à la surprise, «« Tout aussitôt le démarqua. >»

Les archevêques et les évoques du Languedoc s'effacent devant l'austère figure de Nicolas Pavillon, évêque d'Alet, poussant jusqu'à la passion l'amour des opprimés et la charité envers les pauvres, répandant la semence de l'évangile et se montrant, en toute saison, sur ses montagnes. Le doyen de sa cathédrale, conseiller au Parlement, toujours absent du diocèse d'Alet, y rentra, par son ordre. Un des seigneurs les plus dépravés, Henri de Rasiguières, commettant sacrilèges sur sacrilèges. Pavillon rendit contre lui une ordonnance, en forme de monitoire, qui fut publiée en chaire, et fulmina ensuite une sentence d'excommunication.

Ce fut un cri de surprise et de colère parmi les gentilshommes. Henri de Rasiguières se pourvut au Parlement qui le renvoya devant l'archevêque de Toulouse :

agenouillé devant le vicaire général, il en reçut l'absolution ad caulelam, afin de n'être point privé, durant le procès, de Tentrée aux églises et de la participation aux sacrements. A la nouvelle de cette profanation, Tévôque, dont la conscience se souleva, défendit à tous les prôtres du diocèse de continuer le service divin, dès que l'excommunié se présenterait dans la maison de Dieu. Partout, les portes des églises se fermèrent devant lui et, en l'apercevant, les prêtres descendaient de l'autel. Il en appela encore au Parlement, mais cette fois le Parlement prit parti contre l'évêque. Il commença par enjoindre aux curés de célébrer la messe, en présence de Rasiguières et de lui administrer les sacrements, à peine de saisie de leur temporel. En vertu d'un arrêt du Parlement, le juge royal emprisonna quatre curés pour avoir obéi à l'évêque. Quelques mois après, le Parlement, dans un nouvel arrêt, déclara qu'il y avait abus dans l'excommunication, et chargea le procureur général d'informer du détail des faits. C'était prolonger les déchirements intérieurs du diocèse d'Alet.

Rasiguières menaçait les témoins de les faire pendre, s'ils n'affirmaient que les déclarations portées contre lui leur avaient été extorquées par les curés. Ils eurent peur et se rétractèrent; puis, honteux de ces rétractations, ils allèrent s'en humilier à l'évêché. L'évêque renouvela ses défenses de célébrer les offices, en présence de l'excommunié, et Rasiguières fit ajourner les curés devant le Parlement, pour refus d'exercice religieux. La Cour ordonna à l'évêque de lever ses défenses, à peine de saisie du temporel.

C'est en voyant toutes ces luttes, qu'un chanoine de

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