‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 82 sur 182 · CHAP. XI. — LA PESTE · texte numérisé non relu

CHAP. XI. — LA PESTE

suit les victoires, on enregistre Tédit de la construction du canal de navigation entre les deux mers, et les lettres patentes contenant bail des travaux, à Pierre-Paul Riquet, dont un fils sera président à mortier au Parlemsnt. Tandis que les Parlements rendent leurs arrêts dans un calme profond, la voix des poètes chante les magnificences de la cour du grand roi.

En cette môme année i665, le. Parlement défend aux capitouls d'établir des impositions nouvelles, et il enregistre une déclaration royale fixant le prix des charges de magistrature, celle de présidente mortier à 120,000 livres, celle de président aux enquêtes à 3o,ooo livres, celle de président aux requêtes à 80,000 livres, celle de conseiller clerc à 5o,ooo livres, celle déconseiller laïque à 60,000 livres, celle d'avocat général à 110,000 livres, celle de procureur général à 120,000 livres. Cette déclaration remontant à 1662 fixait ensuite l'âge des présidents à quarante ans, celui des conseillers à vingt-sept, et celui des avocats généraux et procureurs généraux à trente ans.

La peste règne en Provence et s'avance vers le Languedoc, par Aigues-Mortes et les Saintes-Mariés. A Toulouse, des meurtres et des vols se commettent en plein jour; des troupes de vagabonds et d'aventuriers maltraitent les passants, enfoncent les portes des maisons et insultent les femmes. Lescapitoulsrenouvellent les anciennes ordonnances interdisant le port d'armes, et le Parlement envoie les batteurs d'estrade à la potence. On ne sait pas bien, pour quelle raison, le grand Conseil ordonna l'arrestation de M. de Chastenet, conseiller au Parlement. C'était peut-être pour refus de payer la taille.

Les parlementaires ne s'empressaient pas de payer les tailles, et les capitouls n*osaient pas toujours les contraindre à les payer. Il y eut même des parlementaires qui s'affranchirent de toutimpôt, en prétendant que leurs terres étant nobles devaient être dégrevées. Ces refus de Timpôt avaient souvent entraîné des querelles qui déterminèrent les rois à permettre aux capitouls de faire plaider leurs procès devant des Parlements étrangers . Au mois d'avril i665, le Conseil d'Etat suspendit ces évocations, malgré les réclamations des capitouls : ce régime, souvenir d'une justice incertaine et passionnée, ne pouvait convenir à un roi qui voulait tout remettre dans les voies régulières, et faire sentir aux capitouls et au Parlement la force de sa main. En signe d'apaisement, le premier président intercéda auprès de Colbert, en faveur des capitouls, pour leur continuer leur droit de péage sur les bois flottés descendant la Garonne.

Le conseiller Pierre Fermât, illustre entre tous, meurt en i665 et l'année iGGG s'ouvre par la mort d'Anne d'Autriche, annoncée au Parlement par une lettre du roi. Mandés au Palais pour organiser le service funèbre, les capitouls blessés de n'avoir reçu aucune lettre royale,contrairement aux usages de tous les règnes, refusèrent de de marcher, sans ordre du souverain. De ce refus, le Parlement dressa procès-verbal qui fut expédié à La Vrillière. Enfin, arriva la lettre du roi et le service funèbre fut célébré à la cathédrale. Un mois après, mourait le prince de Conti, gouverneur du Languedoc, de la mort des plus humbles pénitents.

Le gouvernement de la province est confié au duc de

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