‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 95 sur 182 · CH. XIV. — LETTRES PATENTES SUR LES JEUX FLORAUX · texte numérisé non relu

CH. XIV. — LETTRES PATENTES SUR LES JEUX FLORAUX

les dispersa. Deux jours après, elles remplirent, de leurs cris, la place du Salin et proférèrent contre Daspe de nouvelles menaces de mort. De la grand'chambre, arrivèrent aussitôt l'avocat général de Bertier et quelques conseillers pour les apaiser, mais le tumulte augmentant, la grand'chambre rendit un arrêt interdisant les attroupements et ordonnant des approvisionnement de grains, avec ordre aux capitouls défaire, sur-le-champ, la publication de Tarrèt dans les rues. On ne savait comment Daspe échapperait à la colère des femmes : le Parlement fit enfermer les plus violentes à la Conciergerie, le guet refoula les autres, et Da^pe, accompagné de deux présidents et du doj'en, monta en carrosse à la porte du Palais et n'eut à essuyer que les huées de la foule. A partir de ce jour, toutes les portes de la ville furent gardées pour empêcher la sortie des grains.

Le Parlement enregistra ensuite les lettres patentes approuvant les Jeux Floraux, rétablissant les assemblées ordinaires en forme d'académie, élevant le nombre des mainteneurs à trente-cinq et édictant divers règlements sur la distribution des prix et l'entretien de l'Académie. En l'année 1671, les capitouls ayant refusé de verser la somme de 1,400 francs destinée aux Jeux Floraux, le Parlement les y contraignit par un arrêt.

Il arrivait souvent que les protestants pénétraient dans les églises et y troublaient l'ordre, aux heures des offices. Injonction fut faite par le Parlement à toute personne de se tenir, à genoux, pendant la messe et de garder le silence, à peine d'amende ou de prison. Il veillait à l'exécution de la révocation de l'édit de Nantes ; il permettait aux juifs d'acheter et de vendre, pendant

trois semaines de chaque saison, à la condition de ne point tenir boutique ouverte ; il poursuivait, sans relâche, les duels et les maisons de jeux. Rien de grave ou d'émouvant ne s'accomplit au Palais. Le Parlement se rond aux cérémonies d'actions de grâces pour les victoires de l'armée; il fonde des bureaux de charité pour les pauvres, surveille la discipline des justices inférieures, inflige des mercuriales et des peines de suspension de leurs charges a des conseillers oublieux de leurs devoirs ; il termine les disputes intérieures de chambre à chambre et rend à la Tournelle, des arrêts ordonnant que les têtes des pillards seraient plantées, au haut des tours des villes qui auraient donné asile à ces bandits.

Le pré-iidcnt de Rességuier meurt a l'audience, et le conseiller Toiirnier réclame un décret de prise de corps contre l'abbé de Gramond qui lui avait manqué de respect à réijflise Saint-Étiennc. La politique ne détournant plus les parlementaires de leurs travaux, on ne vit jamais au Parlement des hommes plus jaloux de l'amour de leuis devoirs. C'est alors qu'un édit du roi rendit la juridiction de la table de marbre à la chambre des requêtes, et que la maîtrise des eaux et forêts fut transférée de Saint-Pons à Castres.

Les audiences s'écoulent, d'iiilleurs, sans bruit et au t ni vers do procès sans imporlancc. Ce sont les États qui prennent le gouvernement de la province et délibèrent sur les charges imposées aux villes et aux campagnes par la guerre de Trente Ans. L'établissement de la capitation, véritable impôt proportionnel à la fortune privée, les aliénations du domaine royal, les anoblisse-

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