‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 98 sur 182 · CHAI». .VI V. — D1V£RS ARUÈTS · texte numérisé non relu

CHAI». .VI V. — D1V£RS ARUÈTS

nissementetù l'amende honorable, à la suite de la publication de sixLcUrc anonyme d'un ccclLsiasiiquc à un de ses amis de province; il faisait brûler un pamphlet du dominicain Caussonnel se raillant des règles de son ordre, et sévissait contre les abus commis dans les monastères. A Toulouse, les couvents, en se multipliant, étendaient si loin leurs jardins, que le Parlement se vit dans la nécessité de contenir ces envahissements et de s'opposer à la fondation de nouveaux monastères. C'est ainsi que les religieuses de TAve-Maria et de la Visitation, furent obligées de quitter la ville, dans les trois jours.

Parfois, les avocats et ks conseillers vidaient leurs querelles dans la rue : un soir, le conseiller Auriol fut assailli par les avocats Duménil et Jougla, que le Parlement emprisonna aux Ilauts-Murats. A la suite del'ar. restation à Montpellier, pour crime de faux, du conseiller de Villespassans, il décréta un capitoul,son complice, de prise de corps, et pendant une émeute, il fit garder les portes du Château-Narbonnais par les procureurs < ré- € calcitranls, mais finissant, dit un mémoire, par obéir, € en tremblant. >

A la grand'chambre, on tranche en 1706, le procès de la succession de Bayle, né au Carla-le-Comte, sorti de France à la révocation de l'édit de Nantes. A sa mort, le fisc s'étant emparé de ses biens, fit plaider que par son exil volontaire, Bayle avait perdu, en mùme temps, sa qualité de Français et.son droit de tester. Dans son rapport, le président de Senaux protesta énergiquement contre cette prétention en disant, « qu'il était indigne de c considérer, comme étranger, celui que la France se € glorifiait d'avoir produit, et dont le nom avait jeté

« tant d'éclat dans TEurope entière, à l'époque même de « la promulgation de cette loi qui frappait de mort civile « tous les Français réfugiés. » Par arrêt du Parlement, le testament fut maintenu et respecté.

Des procès de même nature se débattaient, chaque jour, à la grand' chambre, à la suite de la confiscation des biens des familles protestantes et de leur attribution à des parents éloignés. Ces spoliations venaient se briser devant les arrêts des parlementaires. Durant le cruel hiver de 1709, le Parlement chasse de Toulouse les mendiants encombrant les rues et pourvoit au service de la ville où le froid et la faim font des milliers de victimes. Il obtient du roi un dégrèvement d'impôts et fixe le prix de la journée des travailleurs de terre, qui fut élevé à cinq, sept et neuf sols, pour les hommes, selon les saisons, et de trois à quatre sols, pour les femmes. Il rédige règlements sur règlements sur la discipline et le travail dos collèges de l'Université.

Après avoir assisté aux funérailles de Jean de Catellan, le Parlement célèbre, en grande pompe, au mois de janvier 1712, les honneurs funèbres en mémoire du dauphin, le duc de Bourgogne. Le roi ne lui en enleva pas moins la connaissance des aflaires domaniales, pour la donner à la Cour des aides ; il accordait aussi, malgré les protestations du Parlement, la chaire des arts à un membre de la compagnie de Jésus. En retour, le roi érigea, en office héréditaire, l'office de buvetier du Palais, donnant droit à des gages de 7,3oo livres attribuées au premier président de Morant qui céda, moyennant finance, Toffice au buvetier Roch Jaumes. Plus tard,

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