‹ Histoire du passage des AlpesChapitre 43 sur 48 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Remarques sur Vopinion du célèbre Gibbon et sur cette ^Abauzit.

vJn trouve dans les œuvres mêlées du premier auteur, une discussion très-intëressante sur la route d'Ânnibal : elle est extraite d'un journal de ses lectures pendant son long séjour à Lausanne (i).

Le 24 octobre lyÇS, il venoît de finir le premier Livre de Cluvier, qui traite des passages des Alpes et des premiers qui les ont frayés, savoir, d'Hercule, des Gaulois, d'An-» nibal , d'Asdrubal et de Pompée. « La discus-« «( sion de la marche d'Annibal, dit M. Gibbon, te et la route que prit ce général pour entrer « en Italie, est savante et curieuse* — De « tous les auteurs qui ont parlé de cette route, « il n'y en a que deux que l'on puisse qualifier

( 1 ) Œuvres mêlées d'Edouard Gibbon , Esq. Londres 1796; lom. II, p. 181*19.?; ou Mémoires de Gibbon, |r«d«iu dt i'aogbis^ loia« U; p.gS-iio. Purii.

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« d'originaux , et tous les autres n'ont fait que m les copier : ces deux auteurs ce sont Tiie- « Live et Polybe ; s'ils étoient d'accord , nous « n'aurions plus qu'à les étudier et à les sui- « vre ; malheureusement ce parti n'est pas « possible , leurs sentimens sont diffërens : il « faut opter. Le premier fait traverser à An- « nibal les Alpes cottiennes, c'est proprement « le Mqni^Genèi^re auprès de Turin , pour le « faireentrer par ces passages , dans le pays « des Tcmriniy ou la plaine du Piémont. Le « dernier le m^ne par le Summus PenninuSj « le Grand Saint-Bernard, dans le pays des « Salassiy ou le VcU d*Aoste. — Dès qu'on « jelle les yeux sur la carte, on est étonné et « révolté du détour qu'Ânnibal a dû faire pour « traverser le Grand Saint-Bernard , et Ton « pense, avec Tite-Live, qu'un général aussi ce habile n'auroit jamais préféré une route « longue, difficile, et hérissée de peuples bar- « bares, qui étoient plus Germains que Gau- « lois. — Je défère beaucoup à l'autorité de M Polybc , mais j'en doute. — Concluons donc, « mais avec un reste de scepticisme, que si le if réckt de riiistorieu latin est plus vraisem<* « blable, celui de l'écrivain grec paroit plus « vrai : une seule chose m'arrête. Dans lft«arte~^

«f de rexpédition d'Ânnibal , par D'AnviHe, y» ce géographe exact, dont les positions sont « toujours raisonnées, trace sa marche à tra- « vers les Alpes cottiennes; lautorilé de ce « savant , autorité encore plus grande parce «c qu'il a caché les raisons qu'il a eues , m'en « impose et m'arrête. >v

A l'époque (i) où Gibbon écrivit cette partie de son journal , il paroit avoir penché pour le passage de l'Alpe pennine ; mais , en 1 792 , au rapport d'une personne qui en a voit conversé avec lui , il avoit abandonné celte opinion pour embrasser celle de Tite-Live ^ qui fait passer Annibal par les Alpes cottien*-' jnes ou le Mont-Genèçre.

L'origine du scepticisme et du changement d'opinion de Gibbon, vient de ce qu'il n'avoit pris en considération que deux passages des Alpes par où Annibal n'avoit jamais passé, et en particulier de ce qu'il suppose que Polybe conduit Annibal par le Sê&mmus Penninus*

On doit être surpris que, puisque G« étoit révolté de la grandeur de ce Retour»

puisquHl trouvoit d'un autre côté (comme

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